‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 13 sur 306 · PARTIE III. CHAPITHE I · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITHE I

extraordinairement surprenant. Dans cette rne^ vivait une dame noble et riche, mère d'un fils unique qui faisait les délices de son cœur. Pendant que cet enfant jouait dans la rue, un étranger se mit à le couvrir de railleries, auxquelles l'enfant répondit en adressant à son adversaire de sévères reproches. Aigri de la résistance que lui faisait cet enfant, et bouillonnant de rage, cet homme porta la main à son épée et en perça son faible et impuissant adversaire. A peine le meiu^tre fut-il accompli, que le coupable, saisi de crainte et de fi'ayeur, se sauva par la première porte qu'il trouva ouverte, brandissant encore dans sa main le"fer ensanglanté. Il monta l'escalier, et pria la maîtresse de la maison de bien vouloir lui permettre de se réfugier chez elle, la suppliant avec instance de ne pas découvrir le lieu de sa retraite. Elle lui accorda sa demande, le cacha dans un coin retiré de sa maison, malgré rhorreur qu'il lui inspirait. Quelques minutes après, arrivèrent les employés de la police pour demander des renseignements sur le meurtrier. Cette femme, qui se croyait obhgée d être fidèle à la promesse qu'elle avait faite de n'en point faire connaître Tauteur, se contenta de répondre : « Vous êtes libres de chercher, voyez vous-mêmes. » Après avoir inutilement parcouru toute la maison, ils allaient l'abandonner, lorsque l'un d'eux dit à la dame : « Vous paraissez ignorer que le criminel que nous cherchons est celui-là même qui a tné votre fils; voici justement que Ton apporte son cadavre! » — Dieu du ciel ! s'écria la femme qui à peine en pouvait croire ses yeux! Pâle comme la mort, et sans proférer une seule parole, elle se retira dans sa chambre où elle resta enfermée plusieurs heures, pendant lesquelles

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mille pensées contraires vinrent tonr-à-tour assaillir son esprit, et la jetèrent dans de cruelles inquiétudes. Lorsque la nuit fut survenue, elle pénétra dans le réduit où était enfermé le meurtrier de son fils : elle lui apportait à boire et à manger ! — Lorsqu'elle crut pour lui l'heure du danger passée, elle lui remit une bourse garnie de pièces en or, et fit tout son possible pour favoriser son évasion. Et alors seulement elle fixa ses regards sur le visage défiguré de son fils, et donna un libre cours à ses larmes et à ses sanglots (Mansi. dise. 15).

2. Z' amour des païens envers leurs ennemis est soU' vent un sujet de confusion pour un grand nombre d9 chréLiens.

a. Un des hommes d'Etat les plus illustres d'Athènes, Phocion, ayant été, à l'âge de 80 ans, condamné à mort par suite de certaines rivalités de partis, Tun des employés de la justice lui demanda, en lui présentant la coupe empoisonnée, s'il n'avait pas quelques recommandations à faire à son fils? Phocion répondit : « Je fais dire à mon fils de ne jamais tirer vengeance delà coupe empoisonnée que je suis contraint aujourd'hui de boire innocemment. » {Lohn. Bibl. i, 594).

i. A Athènes, quelqu'un ayant fait au célèbre Périclôs, dans sa propre maison, les reproches les plus amers, Périclès l'écouta sans l'interrompre, et comme le censeur se rendait de nuit à la maison, il prit une lanterne et le reconduisit jusque chez \\\\{Idem. i, 695).

c. Un jeune homme courageux, mais qui avait des habitudes sauvages, s'était précipité sur le législateur Lycurgno pour lui arra^^her un œil. Le peuple s'étant soulevé à la vue d'iui pai'eil attentat^ il s'empai'a du

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