‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 127 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE H. 2Cj · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE H. 2Cj

d'accomplir, et, s'il doit être puni, punissez-moi à sa place. » — Dévouement sublime d'affection fraternelle! Exemple qui doit confondre tant d'enfants qui rejettent si volontiers sur leurs frères et sœurs les fautes qu'ils ont eux-mêmes commises [Gassers Beispiel. f. Kinder).

e. La ville de Lyon ayant été pendant quelques mois assiégée par les héros de la liberté de cette époque, et enfin prise d assaut, un certain Badget donna un exemple remarquable de dévouement fraternel. Son frère, qui s'était particulièrement distingué pendant le siège de la ville, fut accusé auprès des ennemis qui le condamnèrent à mort. On se rendit dans sa demeure, mais il était absent. Les sergents de police, qui ne lo connaissaient pas, prirent pour lui son frère Badget, le traînèrent devant les juges qui le condamnèrent à mourir. Une seule parole eût suffi pour le sauver, mais il n'eut garde d'éclaircir un malentendu qui, tout en le privant de la vie, lui laissait du moins Fespoir de la sauver à son frère. Il monta sur l'échafaud, victime volontaire de l'amitié fraternelle, et moiu'ut innocent sous le glaive du bourreau (Nack Herls't Exempelb* II, 704).

/". Le fils d'un riche négociant s'était, pendant sa jeunesse, livré à toutes sortes de débauches. Au lieu d'obéir aux avertissements et aux remontrances de son père qui ne voulait que son bonheur, il les méprisait, et devint ainsi pour ce père un sujet de si amers regrets qu'il en devint malade et mourut. Avant de rendre le dernier soupir, il avait fait son testament, par lequel il déshérita son fils nommé Dorval. Celui-ci, ayant appris, plus tard, la mort de son père, éprouva certains remords de conscience, se mit à réfléchir^ et

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arriva à cette triste persuasion que c'était sa mauvaise conduite qui avait conduit de si bonne heure son père au tombeau. Il versa alors des larmes de repentir. Ayant reçu dans la suite la nouvelle qu'il était déshérité, il s'en consola facilement en disant : Je n'ai rien mérité d'autre. Cette résignation ayant été connue de son frère aîné, Jénéval, celui-ci, réjoui de l'amendement de son frère et du revirement qui s'était opéré en lui, s'informa du lieu où il était, alla le trouver et l'embrassa tendrement, en lui disant : ^lon cher frère, notre père m'a fait sou unique héritier, comme vous pouvez TOUS en convaincre par le testament que voici ; mais il n'a voulu exclure de son héritage que l'homme tel que vous étiez alors, et non pas celui que vous êtes aujour- (i'iiui ! — Aussi c'est avec un véritable plaisir que je vous donne la part qui vous revient de sa fortune. — Comment louer assez la noble conduite de ce frère ? En vérité, il y a là de quoi couvrir de confusion tant de frères et soeurs, qui, dès que leurs parents ont fermé les yeux, se contestent la portion d'héritage qui leur est échue et cherchent à se supplanter les uns les autres. g. Le célèbre général anglais Elliot avait obtenu, en 1786, tant par une députation, que par la grande vénération qu'inspirait son nom, la liberté de quatorze Anglais qui, l'année précédente, avaient été faits prisonniers par des pirates et emmenés sur un vaisseçiu portugais, esclaves en Algérie. L'un de ces esclaves, J(3hu Williams de nom, voulut profiter de ses premiers instants de liberté, pour s'assurer, avant morne de quitter l'Algérie, de l'état de tons les esilaves qu'il visita dans les différents lieux où ils étaicjil rctr'uns. 11 lui arriva, ce à quoi il ne s'attendait guère, de rencontrer

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