PARTIE m. CHAPITRE II
son frère aîné qu'il croyait mort depuis longtemps! Impossible de concevoir et de redire la joie que ces deux frères éprouvèrent en se revoyant. Malheureusement ce frère aîné avait déjà porté, dix années durant, les chaînes de Fesclava ge, et les travaux pénibles auxquels son maître Favait assujéti, avaient complètement brisé ses forces et altéré sa santé. Son frère ne put supporter de le voir plus longtemps dans cet état déplorable. Le doux espoir de revoir bientôt sa patrie perdit tout son charme, lorsqu'il vint à penser que son frère devait continuer à gémir dans une si affreuse position. Une idée me vient, mon frère, s'"écria-t-il tout à coup, •je suis jeune et robuste, je puis encore plus longtemps que vous supporter ce genre de vie ; retournez donc à ma place en Angleterre, et je resterai pour vous en esclavage. Si Dieu vous envoie de la fortune et des amis généreux, je suis convaincu que vous prendrez à tâche de me tirer de Tesclavage. Le frère, étonné de cette proposition, fut longtemps sans vouloir accepter cet immense sacrifice de lamour fraternel, mais enfin les prières et les instances le déterminèrent à agréer des ofïres si avantageuses. Le maître de ce dernier consentit volontiers au change, attendu que l'âge et les forces de son nouvel esclave seraient pour lui une occasion d'un gain plus considérable. Les frères s'embrassèrent donc tendrement et se séparèrent. Le frère qui venait de racheter l'autre ne tarda pas à déUvrer celui qui avait pris sa place et le reconduisit comme en triomphe dans sa patrie. — Combien cet exemple doit être puissant sur le cœur des enfants, pour les engager à faire aussi de leur càUÏ quelque sacrifice pour leurs frères et sœurs {Le mê/zœ; S. 53.) I
208 CATÉCT1TS?.rE mSTORTOUE.
n est dit dans rEcriture sainte : « Los frères se viciinont en aide dans les jonrs de nécessité; » {Sir. /4O, 24.) et ailleurs : « Un frère qui est assisté par son frère est sembla]:>lc à une ville forte, » c'est-à-dire qu'il ne tombe jamais dans les mains de ses ennemia [Proterb. 48, 19.).
Il est dit dans le Psaume 432: « Qu'il est bon et nprréable de voir des frères vivre en paix les uns avec les autres! »