PARTIE m. CHAPirnE iJ
tém(^raire et le livra au législateur^ afin qu'il le punit à son gré. Mais Lycurgue accueillit le jeune homme avec bonté;, se chargea de son entretien;, lui donna pendant longtemps ime éducation soignée, et s'efforça de corriger ses dispositions morales. Après qu il Teut complètement réformé, il le conduisit à l'assemblée du peuple et lui dit : « Voici cet homme que vous m'avez hvré comme un malfaiteur et un brigand ; je vous le rends avec des mœurs honnêtes et irréprochables. » (Plutarch. in Lycurg.).
d. Un philosophe païen nous raconte qu'un homme grossier lui ayant donné un soufflet sur la joue, il se contenta de lui dire : « Il serait fort utile de savoir quand on doit sortir avec un casque. » {Mansi, tr. 35).
e. L'empereur grec Diogène ayant été, après un combat, fait prisonnier par le sultan Asan, celui-ci l'invita à sa table, le traita avec beaucoup d'affabilité et lui demanda comment il l'aurait lui-même traité s'il fût tombé entre ses mains? Diogène, humilié et furieux, répondit : « Je t'aurais fait hacher en mille morceaux et t'aurais percé d'un glaive. — Pour moi, reprit le noble sultan, je n'obéirai pas à un sentiment si cruel, car je sais que votre Christ vous a ordonné d'aimer même vos ennemis. Je veux, moi aussi, me conformer à ce précepte. Reçois donc la paix et la liberté de celui que tu détestes, jo Et, en finissant ces paroles, il embrassa l'empereur confus de tant de magnanimité, et lui rendit à lui et aux siens la liberté sans exiger d'eux aucune rançon [Baronn., an 1071).
/". Les Turcs détestent et punissent ceux qui refusent opiniâtrement de se réconcilier avec leurs ennemis ou de pardonner une offense reçue. Le jour de leui^ fcte
principale, tous ceux q\îi vivent dans quelque inimitié vont se réconcilier avec leurs semblables avant de se rendre au lieu de la prière publique. Quiconque néglige de le faire subit la peine du bannissement de l'Eglise, nommé Haram, pour expier sa faute. Un jour, à Trapézun, un vieil esclave, atteint d'épilepsie, tomba sur ime place publique, et atteignit par hasard avec son bâton un employé. Dès que l'esclave fut revenu à lui, il alla en toute hâte demander pardon à celui qu'il avait frappé. Mais l*autre ne voulut point entendre parler <le pardon, et lui donna un soufflet. L'aga de Tendroit, informé de cet événement, et révolté de la conduite de cet homme, le fit incarcérer et ordonna, au bout de trois jours, qu'on lui administrât quarante coups de bâton. 11 perdit en outre son emploi et ses émoluments {Cordier, 1. 8, c. 2).
SENTENCES
«. « Le clirétien qui vit en désunion avec son frère ne saurait vivre en paix avec Jésus-Christ. » {S. Aug.).
b. Si vous ne pardonnez pas une injure reçue, c'est en vain que vous récitez cette prière : Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » [S. Anastas.).
c. « Quoi de plus facile que de pardonner à un ennemi? Il n'est pas nécessaire pour cela de faire de longs voyages, de dépenser beaucoup d'argent, d'entreprendre de difficiles travaux. Il suffit de le vouloir, et l'œuvre méritoire est par là même accomplie. » [S. Chrysost. t. \, Ilom. 22).
d. « Un grand nombre disent qu'ils ne veulent pas