‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 130 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

de son père Antonin^ car il disait d\in ton sévère : « Laissez-le donc être homme et disciple reconiiaissaut! » — Aussi Marc-Aurèle, devenu plus tard empereur^ ne cessa de témoigner la plus haute estime à ses maîtres d'autrefois. A deux d'entre eux^ il fit ériger deux statues : un autre de ses précepteurs^ nommé Julius Procidus^ fat élevé par lui à la dignité de consul romain, et il contribua lui-même à son entretien. Il l'affectionnait d'une manière toute particulière, le baisant avec respect chaque fois qu'il le rencontrait, et avait pour lui des préférences auxquelles personne dans sa cour n'avait droit de prétendre. Dans les ouvrages qu il composait, il en faisait mention et rappelait les services qu'il en avait reçus, et les titres qu'ils avaient à sa reconnaissance. Après avoir comblé ses précepteurs d'honneurs et de bienfaits pendant sa vie, il en faisait faire le portrait cpi'il entom^ait de cadres d'or lorsqu'ils étaient morts, les mettait dans sa chapelle au rang de ses dieux domestiques, visitait leur tombeau qu'il parsemait de fleurs et les honorait par des sacrifices. — TeUe était la reconnaissance de cet empereur pour ses précepteurs {Beispiele des Guten. S. 55}.

c. Dans un village de Scuabe, un incendie ayant éclaté tout à coup à l'entrée de la nuit, la. maison d'école de cette localité fut complètement dévorée par les flammes. Le maître d'école, nommé Zellen, père d'une nombreuse famille, y avait perdu tous ses meubles et son petit avoir, et réduit à la dernière détresse, il ne savait plus comment il ferait pour se tirer d'embarras, lui et les siens. Le lendemain du sinistre, comme il était assis, triste et abattu, devant la maison tle son voisin qui l'avait hébergé pendant la nuit, à son grand éloa-

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nement il vit tous ses élèves accourir vers lui. Les uns lui apportaient du linge^, les autres des vivres et des vêtements, le priant avec amour de ne pas se laisser aller au découragement et de bien vouloir accepter les objets de peu de valeur qu'ils lui offraient, l'assurant qu'ils feraient tout auprès de leurs parents pour être à même de lui apporter, le lendemain, quelque chose de nouveau. Ce spectacle émouvant arracha des larmes de joie à ce brave homme ; la vue d'une reconnaissance qui se manifestait d'une manière si éclatante adoucit ses souffrances et le remplit de consolations. Enfin arriva une jeune fille qui lui offrit une petite image en lui disant avec l'accent de la tristesse : « Hélas ! monsieur le régent, il n'est pas en mon pouvoir de vous secoiu-ir par quelque don; ma mère a pleuré en se voyant réduite à ne pouvoir rien vous offrir; car nous sommes nous-mêmes bien pauvres î INIais je me suis consolée en pensant que vous auriez égard à ma bonne volonté et que vous ne m'aimeriez pas moins que les autres enfants. Cependant, je vous en prie, ne dédaignez pas cette image que j'ai reçue dernièrement au catéchisme, car monsieur l'abbé m'a dit que son aspect offrait quelque chose de consolant pour les personnes qui sont dans l'affliction. » Le régent, dont la ciu'iosité avait été excitée par les paroles de la jeune fille, accepta l'image. Elle représentait Job dans son dénùment. Au bas on lisait ces paroles : « Le Seigneur me l'avait donné, le Seigneur me Ta ôté, que son saint nom soit béni! » — Oh ! oui, bien certainement, ma chère enfant, reprit alors le régent, vous m'avez causé un grand plaisir en me donnant cette image; le sujet s'adapte on ne peut pas mieux à la circonstance. Je veux faire la même prièro

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