PARTIE III. CHAPITRE II
que Job, et j'espère que Dieu me secourra comme il Fa lui-même secouru.
La situation de ce pauvre régent ne tarda pas à s'améliorer; les enfants deTendroit qui Taffectionnaient tout particulièrement ne cessèrent d'intercéder en sa faveur auprès de leurs parents, et bientôt sa position devint plus brillante qu'elle ne l'avait été auparavant {Sammhnig edier Zûge. S. 53).
d. Le noble Gellert s'était acquis à Leipsig Testime et l'amitié de tous ses élèves , car il était \Taiment un ami de la jeunesse dans Tacception la plus complète de ce mot. Aussi lorsque la mort l'eut enlevé, il ne laissa pas de \ivre encore longtemps dans le cœur reconnaissant et le souvenir des âmes bien nées. Un voyageur étant arrivé à Leipsig, il s'informa où était le tombeau de Gellert. Comme il reposait au cimetière de Téglise de Saint- Jean, on l'y envoya. Pendant quelques minutes, le voyas^eur resta absorbé dans de profondes pensées, les regards fixés sur le mausolée du défunt. Puis, il se jeta à genoux, embrassa la pierre qui recouvrait sa dépouille mortelle et s'écria : « Je l'ai trouvé, votre tombeau, illustre Gellert. C'est ici que repose l'enveloppe de votre grande âme, ici qu'elle sert de pâture aux vers et aux reptiles ! Mille actions de grâces vous soient rendues, mon cher ami, pour les leçons de sagesse et de vertu que vous me donnâtes jadis. Vous m'avez mis sur la voie du bonheur. — Vos paroles et vos exemples ont formé et orné mon cœur. » En disant ces paroles, des larmes abondantes roulaient sur ses joues. Lorsqu'il se fut relevé, il arracha sur le tombeau une touffe de gazon, l'enveloppa dans son mouchoir, eu disant : a Je veux l'emporter, ce sera pour moi un
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souvenir précieux, puisque je l'ai prise sur la tombe de mon immortel précepteur! » {Beispiele des G-uten. S. 60).
e. Lorsque Hormouz fut monté sur le trône de Perse, il fit de Buzurge, qui jusqu'alors avait été son précepteur et son maître de cour, son premier conseiller et son ami inséparable. Il l'entoura constamment de la plus grande vénération, et ne voulut jamais paraître en sa présence en qualité de roi. Jaloux de ces marques d estime, quelques seigneurs de sa cour s'en ouvrirent au roi, en lui disant que l'honneur qu'il rendait à son précepteur surpassait celui que l'on a coutume de rendre à son père selon la nature. Mais Hormouz se contenta de répondre en souriant : a Vous avez raison, mes amis, je sens moi-même que l'honneur que je rends à mon précepteur dépasse celui que je rendrais à mon père s'il était encore en vie ; cependant je me crois obligé d'agi? ainsi. Il est vrai, j'ai reçu de mon père la vie et le royaume que je possède; mais ces deux choses ne seront pas longtemps en mon pouvoir; tandis que les vertus dont je suis redevable à mon précepteur et qu'il a implantées dans mon cœur resteront mon éternelle propriété et me suivront dans l'éternité. » — C'est ainsi que pensait et raisonnait ce monarque païen ! Honte à ces hommes qui ne daignent pas même jeter un regard de reconnaissance sur ceux qui, pendant tant d'années, ont travaillé à leiu' éducation! {Stolb. R. G. B. 20).