PARTIE lîl. CHAPITRE U
matin, il se levait de bonne hernie, offrait autant de sacrifices quïl avait d'enfants, car il se disait en luimême : « Peut-être que mes enfants ont péché, et qu'ils ont, dans le cœur, offensé le Seigneur. » Ainsi agissaitil au jour anniversaire de chacun de ses enfants [Jol, i, 5). Pourquoi, de nos jours, les parents n'imiteraientils pas cette conduite ? Quïls prient aussi pour leurs enfants, au jour anniversaire de leur naissance. — Ce jour-là, les parents doivent rentrer sérieusement en eux-mêmes, et, comme Job, se demander s'ils n'ont pas néghgé l'enfant que Dieu leur a confié après Tavoir régénéré dans les eaux du baptême.
1). L'emperem'Théodose-le-Grand, et sa pieuse épouse Flaccilla, avaient tellement à cœur l'éducation de leurs enfants, que ne pouvant trouver dans tout son royaume un homme capable de remplir ces fonctions, il écrivit à Fempereur de TOccident pour le prier de demander au souverain Pontife un précepteur pour ses enfants; le pape lui envoya saint Arsène, homme aussi distingué par sa science que par sa vertu. — De son côté, le père veilla toujours à ce que ses enfants lui rendissent le respect qu'ils lui devaient. Un jour, Tempereiu" étant entré dans la chambre pendant la leçon, dans le but de s'informer de la conduite de ses enfants, il s'aperçut que le saint se tenait debout devant ses élèves, tandis qu'eux étaient assis. Il en exprima son mécontentement, et, dès ce moment là, il obligea les jeunes princes à se tenir debout pendant toute la leçon, tandis que le précepteur resterait assis.
De nos jours, les parents sont bien plus empressés à se procurer une bonne cuisinière qu'à entourer leurs enfants de serviteurs moraux et craiî^nant Dieu. A
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leurs yeux, le précepteur le moins coûteux est toujours le meilleur. — Quand les enfants s'en plaignent, ils se montrent indulgents et crédules ; mais, si c'est le précepteur qui fait entendre des reproches, il lui est impossible de se faire comprendre ; on ne le croit pas. Le maître est-il sévère et punit-il, c'est une atrocité qui crie vengeance ; par contre, si les enfants se montrent indociles et peu respectueux envers leur maitre, ce n'est que légèreté bien pardonnable à un âge si innocent.
c. A Césarcc, en Cappadoce, deux époux vivaient dans la pratique de toutes les vertus de leur é-tat. C'étaient Basile et Emilie. Ils avaient dix enfants, dont l'un mourut peu de temps après sa naissance. Ces pieux parents s'efforcèrent, de concert avec leiu* vieille mère, sainte Macrine, de donner une éducation solide aux enfants que Dieu leur avait confiés, et ils curent la joie de voir leurs sages leçons, appuyées de leurs bons exemples, pousser de profon.'e?; racines dans le cœur de leurs enfants, et produire les fruits les plus magnifiques. L'aînée, qui s'appelait Macrine, du nom de sa grand'mère, se fit religieuse et mourut en ofleur de sainteté. Trois de ses fils devinrent évêques : Basile, qui porte le surnom de Grand, le fut de Césarée, sa ville natale. Grégoire occupa le siège de Nysse, et Pierre fut nommé à l'évèché de Sébaste, Tous trois devinrent docteurs de l'Eglise, et ont été vénérés comme saints par la postérité {Stolb. R. G. B. 12.).
Si les enfants ressemblent souvent à leurs parents, quant à la conformation de leur corps, aux traits de leur visage, on peut dire de même qu'ils leur sont