‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 15 sur 306 · PARTIE III. CnAriTRE I · texte numérisé non relu

PARTIE III. CnAriTRE I

nuire à leurs ennemis, ni leur rendre le bien pour le mal, mais qu'ils ne sauraient souffrir leur présence, encore moins leur parler d'un ton affectueux. — Eh! seriez-vous content que Dieu ne voulût pas vous nuire, mais que, par contre, il ne voulût plus vous faire aucune grâce ni faveur, et qu'il détournât de vous son œil paternel? Comme vous vous comportez envers votre ennemi, ainsi Dieu se comportera à votre égard. » (>S'. Bernard., Serm. 24).

e. (( Il y a des œuvres de charité de différentes espèces. Toutes nous sont utiles pour effectuer et hâter la rémission de nos péchés. Mais la plus grande.de toutes, est celle de pardonner sincèrement à ceux qui nous ont offensés. » (>S'. Aj/.g. in Enchir.).

/. a Quand nous nous vengeons nous-mêmes. Dieu no vient pas à notre secours ; mais quand nous lui laissons le soin de la vengeance, nous obtenons alors plus quo nous n'attendions. » {S, CJirys., Hom. 53).

COMPARAISOXS.

a. Ala question pourquoi Dieu ordonna de suspendre un serpent d'airain, afin que par sa vue les Israélites fussent guéris de la morsure des serpents, Didasque de Nysse répond que Dieu a voulu par là faire coniprendre combien il est méritoire de regarder ses ennemis d'un air amical.

h. Lacudus, roi d'Argos, ayant voulu percer de son épée Prométhée de Thessalie, il atteignit par hasard avec son fer un abcès qui se vida entièrement, de sorte que Prométhée en devint pnrfnitpmei'.t guéri. De même, il arrive souvent que les attaques de nos ennemis,

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comme le blâme ou la médisance, vont frapper directement sur un des ulcères de notre âme (c'est-à-dire sur quelque, imperfection) , l'ouvrent , et nous font par ce moyen obtenir notre guérison. — C'est rexpéricuce que fit sainte Monique, qui, lorsqu'elle était fille, s'était fort habituée à la boisson. Une servante l'ayant un jour qualifiée du nom d'ivrogne, elle en fut tellement mortifiée que dès ce moment elle reconnut tout ce qu'il y avait d'odieux dans cette habitude et se corrigea eulièrcment (*S'. Av. g. Conf. 1. i).

c. Un m^'decin ayant essayé de saigner un homme qui se trouvait dangereusement malade, fut obligé, après l'avoir vainement tenté par trois fois, d'abandonner la partie. Pendant la nuit, il arriva qu'une chauve-souris znordit le malade qui avait étendu son pied hors de son lit, et lui suça une telle quantité de sang, que cette évacuation le mit en parfaite santé. — Les outrages que nous recevons font souvent sur nous l'office de la chauvesouris, en affaiblissant la vanité et l'enflure qui régnent dans nos cœurs {Lohn. Bibl. i, 603).

d. De même que le feu, qui détruit les ronceîs et les épines, sert aussi à purifier le sol ; de même nos ennemis, par leurs mordantes critiques et leurs reproches sanglants, débarrassent nos âmes de l'ivraie qui les étouffe et les rend ainsi plus agréables à Dieg.

e. Si le champ doit sa grande fertilité aux sillons creusés par la charrue, et la vigne à la serpette du vigneron ; combien d'hommes, de leur côté, ne sont-ils pas redevables de leur amendement au blâme dont ils ont été l'objet.

/". Un prince avait fait graver sur l'armoirie de son bouclier, une autruche avec cette inscription : « Elle

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