PARTIE III. CHAPITRE U
OU l'empereur avec toute la vénératioii dont vous êtes capables. En agissant ainsi, vous accomplissez la volonté de Dieu. » {Biblioth. xet. P. P. tom. 2).
ee. Martinianus, un juge païen, disait à saint Achatius, évèque d'Antioche : a Vous devez aimer nos princes, puisque vous vivez sous la sauve-garde des lois romaines. » Sur quoi le saint évèque lui répondit : c< Qui, plus que nous, s'intéresse au bien-être de Tempereur, et par qui est-il aimé davantage que par les chrétiens ? » {Ruinart. Act. Martyr.).
/". Vn philosophe chrétien d'Athènes, Athénagore disait à rempereiu? païen Marc-Aurèle et à son fils Commode : « Nous autres chrétiens, nous prions Dieu pour votre empire, afin que, passant, comme il est juste, du père au fils, il s'étende toujoiu-s davantage et prospère en tout, et que, de notre côté, nous menions une vie tranquille et accomplissions avec promptitude tout ce qui nous est demandé » {Athenag. Apolog.).
gg. Origène, ce célèbre savant d'Alexandrie, écrivait : « Plus la crainte de Dieu est grande dans uu chrétien, plus sont grands les services qu'il rend à l'empereur. Nous chrétiens, c'est par les prières que nous adressons à Dieu que nous combattons pour notre légitime empereur et pour tout monarque qui entreprend la guerre pour des motifs justes et profitables, et c'est ainsi que, par nos prières, nous terrassons tous les fauteurs de la guerre, les perturbateurs de la X)aix et ceux qui tâchent de troubler la bonne harmonie qui existe entre des Etats voisins » {Lib. 8. Cont. Celsum.).
h. Soyez soumis à vos princes, et respectez V autorité. «a. Ou lit dans les ouvrages de saint Augustin {in
Psahn. 124.) : « Julien était un empereur incrédule, un apostat, un idolâtre et un homme souillé de tous les crimes ; cependant les chrétiens ne se révoltaient pas contre lui, mais ils le servaient avec la plus grande fidélité. Lorsqu'il leur commandait d'adorer les dieux et de leur offrir de l'encens, ils aimaient mieux alors obéir aux ordres de Dieu qu'aux siens ; mais quand il leur disait: Livrez un combat, attaquez l'ennemi, ils obéissaient sur-le-champ, d
Ih. Saint Ephrem, diacre d'Edesse, aécrit un ouvrage tout entier sur l'obéissance due à l'autorité. Heureux, écrit-il entre autres, celui qui donne des preuves d'une sincère et parfaite soumission, car il imite notre divin Sauveur qui, lui aussi, a été soumis et obéissant jusqu'à la croix. — Et celui qui ressemble au Sauveur dans son obéissance, lui ressemblera aussi dans l'éternelle félicité des élus. L'homme obéissant ne résiste pas à ceux qui lui commandent, il ne se gonfle pas d'orgueil, lorsqu'on le raille, il se montre toujours disposé à tout entreprendre {S. Ephrem. de virtut. tom. i.).
ce. L'empereur Charles-le-Grand avait coutume do dire : Nous ne pouvons pas comprendre comment ceuxlà peuvent nous servir fidèlement, qui se montrent infidèles à Dieu et à ses ministres, les prêtres. De mauvais chrétiens sont aussi de mauvais sujets {Lih. 7. Capitular. c. 300.).
dd. Souveraineté du peuple! — Saint Isidore, qui vivait en ermite à Péluse, en Egypte, et jouissait d'une si grande renommée qu'on l'appelait im ange sous forme humaine, combattait déjà au cinquième siècle contre la souveraineté populaire, lorsqu'il disait": « Si nous étions tous égaux en dignité^ rai'emcnt nous vivrions en paix