PARTIE m. CHAPITRE II
les uns avec les autres, et une dissension, perpétuelle régnerait entre nous. La souveraineté ne saurait résider dans le peuple ; au siu-plus, la souveraineté populaire est contraire à la loi de Dieu qui a établi des rois afin qu'ils régnassent sur le peuple. Si donc il existe parmi les hommes des royaumes et des souverainetés, si les uns commandent et les autres obéissent ; si les hommes ne sont pas ballottés çà et là comme les flots d'une mer agitée, c'est aux dispositions de la Providence divine que nous en sommes redevables
Même chez les animaux, nous remarquons que les uns commandent et les autres obéissent, comme nous le voyons chez les abeilles qui vivent sous la domination d'une reine. Les cigognes et une foule d'autres animaux vivant dans les forêts ont leurs chefs et leurs rois. Plongez vos regards dans la mer ! vous y découvrirez de l'ordre et de la régularité, car il est une foule de poissons qui vivent sous la direction d'un seul, semblables à une armée qui marche sous le commandement d'un chef unique. Il n'est pas jusqu'au corps de l'homme, dans lequel on ne remarque une certaine subordination. Quelques-uns d'entre les membres, comme la tète, gouvernent, tandis que d'autres, tels que les pieds et les mains, ne font qu'exécuter ses ordres. Nous sommes donc forcés d'avouer que tout royaume soit dans sa forme soit dans son établissement vient de Dieu. » {S. Isidor. oper. 1. 2, ep. 216).
ee. Saint Ambroise, archevêque de Milan, avertissait les fidèles de payer consciencieusement les impôts. « Si le Fils de Dieu lui-même, disait-il, s'est acquitté de cette charge, comment pouvez-vous soutenir qu'on n'est pas oblii^é de le faire ? Il payait les impôts^ bien
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qu'il ne possédât rien. Pour vous, qui courez sans cesse après les avantages de ce monde, pourquoi ne vous soumettriez-vous pas fidèlement aux exigences de l'autorité civile ?... Lorsque Fempereur demande le tribut, gardons-nous de le lui refuser. Celui qui veut avoir pai't aux avantages de la société civile, doit aider à en supporter les charges. » {S. Amhros, 1. 4. ad cap. 5. Luc).
//. Saint Thomas d'Aquin écrivait : « Lorsque les empereurs romains faisaient soufifrir aux chrétiens d'horribles tourments à cause de la foi qu'ils professaient, jamais ceux-ci ne recouraient aux armes ; ils supportaient tous les tourments, la mort même avec résignation et patience, et cette conduite leur attirait de grands éloges, car il n'est jamais permis de prendre les armes contre le chef d'un Etat. Tout parjure d'un sujet envers son monarque est un affreux péché mortel. » [Thom. 1. L ad reg. Cypr.).
gg. Jean de Salisburi, évèque de Chartres, disait : et Celui qui entreprend quoi que ce soit contre le prince, qui est la tète, et contre l'Etat qui constitue le reste du corps, celui-là commet le crime le plus énorme ; crime qui est semblable à un sacrilège, parce que le prince est le représentant de la Divinité. Cet attentat s'appelle encore du nom de crime de lèse-majesté, parce qu'il se commet envers une personne faite à l'image de la Majesté divine, fi [Joan. Salish. Policrat. 1. 6, cap. 25).
hh. Le même évèque décrit sous l'apologue suivant les rapports qui doivenl^-cxister entre le prince et ses sujets : « Un jour tous les membres du corps conspirèrent contre l'estomac, comme engloutissant à lui seul tous les travaux des autres. L'œil ue cesse de voir.