‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 16 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

digère même les choses les plus dures. » — Telle doit être, par rapport aux injures et aux ofifenses, la devise de toute âme vraiment clu'étienne [Lohn. Bib. i. 603)

aiAPlTRE IL

DE LA CnARTTÉ EN PARTICULIER, OU DE l'OBSERVATION DES DLS COMMA>'DEME>TS DE DIEU.

PREMIER CO-MMANDEMENT.

A. Des péchés contre le premier commandement.

i. Athéisme {Déisme et Matérialisme).

Il n'y a que l'insensé qui dise dans son cœur : « Il n^ a point de Dieu » {Ps. 13, 1).

a. Théophile , évèque d'Alexandrie , écrit dans une de ses lettres : « Lorsque nous voyons un vaisseau naviguer sur la haute mer ou entrer dans un port, jamais nous ne doutons qu'il ne soit gouverné par un pilote habile ; de même nous devons croire qu'il existe im être doué d'une puissance et d'une sagesse sans bornes qui régit l'univers, bien qu'il soit invisible à nos yeux. Tout le monde croit que l'empire est gouverné par un empereur, lors même que tous ne le voient point et que plusieurs n'apprennent à le connaître que par ses lois, ses ministres ou par les portraits qu'on fait de sa personne ; et vous hésiteriez à admettre l'existence de Celui dont la toute-puissance a produit ce tout admi-

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fable et dont notre œil ne saurait embrasser que quelques faibles parties? Vous vous refusez à croire ce que vous ne pouvez voir, ce dont vous ne vous êtes pas convaincu par vous-même ? Et cependant vous êtes forcé en pratique et pour une foule de circonstances, de vous reposer sur la bonne foi et la croyance d'autrui » (Theoph. epist. ad Autolic).

b. Il n'est point de nation, dit Cicéron, quelque sauvage et féroce qu'elle soit, qui ne sacbe qu'il existe un Dieu, bien qu'elle ignore quel est celui qui doive être regardé comme tel {Quœst. Tusc. i). Un autre philosophe , Plutarque , écrivait : a Parcourez toutes les contrées de la terre, vous ne trouverez point de villes sans murs, sans lettres, sans législation, sans autorité, etc. — Une ville qui n'aurait ni dieux, ni temples, c'est ce que personne n'a jamais vu ; je crois qu'on bâtirait plus facilement une ville en l'air que d'admettre qu'une cité puisse se former et subsister sans la croyance aux dieux» {Pluiarch., adv. Colat.).

c. L'orgueil et la corruption du cœur sont les sources ordinaires de l'athéisme. Nous le voyons par les athées des temps anciens et modernes.

Le philosophe et poète Diagoras, après s'être traîné dans la fange de tous les vices les plus odieux, en vint à nier complètement l'existence de Dieu à la suite d'un revers qu'il essuya. On lui avait volé pendant la nuit son meilleur poOmc, et le voleur l'avait publié comme le sien propre, ce qui enleva à Diagoras une partie de sa réputation et des avantages pécuniaires qui devaient lui en revenir. Il cita le voleur en justice ; mais celui-ci ne craignit point de faire un faux serment et se déchargea ainsi du soupron qui planait sur lui. Désespéré par

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ce revers , Diairoras résolut alors de s'adonner tout entier au vice, et, comme le voleur, il voulut se faire une conscience que les parjures et les crimes les plus révoltants fussent incapables de troubler. Pour y travailler avec plus d'indépendance, il prit le parti de nier Texistence de la divinité, et effectivement il écrivit un livre dans lequel il soutenait qu'il n'y avait point de Dieux {Lohn. Bibl. i, 53-4).

d. L'un des fauteurs les plus redoutables de l'incrédulité fut, de nos jours, le philosophe impie Voltaire ; on peut, à juste titre, l'appeler le patriarche de l'incréduhté. Doué de prodigieux talents, il montra de bonne heure un orgueil démesuré et un effroyable penchant pour la débauche. L'un de ses maîtres, parlant de lui lorsqu'il était encore enfant, disait qu'il deviendrait le chef des libres-penseurs. — Plus tard, s'étant associé quelques hommes frivoles et légers , il résolut d'anéantir sur la terre la foi en Jésus-Christ. Ses associés , il les appelait ses frères en Béelzébut. Afm de hâter le triomphe de leur infâme conjiu?ation, ils répandirent sous toutes les formes une foule d'ouvrages grands et petits, dans lesquels ils distillèrent le poison de leurs dangereuses doctrines et les propagèrent parmi le peuple qui pouvait se les procurer à vil prix. Un curé du diocèse d'Embrun découvrit un jour que son maitre d'école semait parmi la jeunesse des ouvrages immoraux et impies qu'il avait reçus d'une main inconnue. Partout ses disciples recevaient gratuitement les produits de son imagination obscèiTe et de son esprit antichiétien, et plusieurs d'entre eux les lisaient aux paysans pendant qu'ils étaient occupés à travailler la terre. Les moyens de séduction mis en œuvr.' par ces

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délpgués de Satan ne demeurèrent pas infrnrtuenx. Partout, à l'étranger comme en France, le père de l'im- ' posture vit le nombre de ses partisans s'accroître d'une manière surprenante. Enflé par ces succès, il crut pouvoir assurer à ses frères en Béelzébut que toute l'Europe était pleine de gens raisonnables, c'est-à-dire d'incré- " dules, et que les livres des philosophes (Athées) étaient devenus, depuis Baden jusqu'à Moscou, le cathéchisme général de toutes les nations; que non-seulement en France, mais encore en Angleterre et en Italie, la philosophie comptait des amis nombreux, et que, entre Genève et Berne, il n'était plus possible de trouver un seul chrétien. Quelque exagérées que fussent ces orgueilleuses prétentions, on vit néanmoins que les frères eu Béelzébut ne répandaient pas en vain la semence de l'incrédulité. Les eûbrts qu'ils tentèrent pour détruire la foi et bannir des cœurs tout sentiment d'honneur et de vertu, portèrent bientôt les fruits les plus désolants. Leur rage se' concentra surtout sur l'ordre des Jésuites, qu'ils regardaient comme un adversaire redoutable; ils le persécutèrent, travaillèrent avec fureur à sa suppression, et malheureusement il leur fut donné d'y parvenir. A cette occasion, le roi de Prusse, Frédéric, l'un des amis et des adhérents les plus enthousiastes de Voltaire, lui écrivait : « Maintenant que Tordre des Jé^ suites est supprimé , l'Eglise tout entière succombera bientôt ; ce serait un miracle si elle pouvait se sauver. Quant à vous, mon cher patriarche, vous ne manquerez pas, sans doute, d'avoir l'honneur de faire son épitaphe. » — A l'époque de la révolution française, environ dix ans après la mort de Voltaire, les conséqueuces de l'incrédulité qui régnait alors partout , se

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