‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 153 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE TI. 5J · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE TI. 5J

feu. — Dix heures vingt ! Les tuyaux tombent ; je les relève; cela ne va pas à mon idée. Ils retombent encore. Je les replace de nouveau ; cela va mieux. Le pouls est calme et ne bat pas plus vite qu'a Tordinaire. — Dix heures trente ! Une vapeur épaisse se répand peu à peu dans ma chambre. Ma chandelle parait prête à s'éteindre; la lampe va mieux. Je commence à avoir un violent mal de tète : mes yeux se remplissent de larmes. Je ressens un malaise général; j'éprouve quelque soulagement à me boucher le nez avec un mouchoir. Le pouls est agité. — Dix heures quarante ! Ma chandelle est éteinte ; ma lampe brûle ; les tempes me battent comme si les veines voulaient se rompre. J'ai envie de dormir ; je souffre horriblement de Testomac. Le pouls dcTnne quatre- vingt pulsations à la minute. — Dix heures cinquante ! J'étouffe. Des idées étranges se présentent à mon esprit. Je puis à peine respirer. Je n'irai pas loin. J'ai des symptômes de folie. — Dis heures soixante ! (ici il confond l'heure avec les minutes) je ne puis plus écrire ; ma vue se trouble, ma lampe s'éteint. Je ne croyais pas qu'on dut autant souffrir pour mourir. — Dix heures soixante-deux ! » Ici sont quelques caractères illisibles que Déol avait essayé de tracer. 11 est probable qu'au moment où disparaissait la dernière lueur qu'a jetée la lampe, la vie de cet infortuné s'est également éteinte. — Il était ôgé de vingt-deux ans. Il appartenait à une famille d'honorables artisans. L'éducation lui faisait dédaigner celte profession, puis, s'étant livré à toutes sortes d'excès, il avait fmi par se dégoûter de la vie et avait pris la funeste résolution qu'il a exéculée {Guillois, il, p. 257. Cité par le trcLl.).

31 i OATÊCmSME HISTOlUOcE.

h. n y a quelque temps, uu nommé monsieur Belin s'est empoisonné à Paris avec de Topium après avoir perdu, au Palais-Royal, une somme de 200,000 fr., outre la rente viagère de sa femme, une jeune anglaise. — On pourrait citer des milliers de suicides dus à de semblables causes (Herhs't, Exempb. ii, i-43).

i. Dans une ville allemande, vivait dans im hôtel un domestique que son maître affectionnait tout particulièrement, tant à cause de son assiduité au travail <pie pour son habileté extrême dans le maniement des aff'aires. Ce domestique désirait vivement épouser la fille de l'hôtelier ; mais comme il ne possédait aucune fortune, il n'osa jamais demander sa main à son père. Un jour, un riche marchand passa la nuit dans l'hôtel, et, malheureusement, ce domestique s'étant aperçu qu'il possédait de grandes sommes d'argent, il prit aussitôt la résolution de l'assassiner, dans le dessein de s'en emparer. Le plan d'assassinat fut eff'ectivement exécuté, et l'auteur sut s'y prendre avec tant d'habileté qu'il ne vint en pensée à personne de le soupçonner. Quelques jours après cet attentat, il pria sou maître de vouloir bien lui permettre de se rendre chez lui , sous prétexte qu'un riche cousin à lui était sur le point de mourir; il désirait ardemment le revoir. Ce qui lui fut accordé sans difficulté. Lorsqu'il fut de retour, il étala des sommes d'argent énormes, et demanda enfm en mariage la hlle de son maître, qui non-seulement y donna son consentement, mais lui remit encore la gestion de toutes ses affaires. Le nouveau maître d'hôtel sut se concilier l'amitié de tout le monde, ii gagna l'estime de ses concitoyens, et fmit par être uommé conseiller. Néanmoins^ quelque biillante quo

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