‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 154 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

fùt^ eu apparence^ sa position, il ne cessa pas d'éprouver jour et nuit d'affreux remords de conscience; il était sans cesse poursuivi par la pensée de son meurtre. Un jour, il reçut l'invitation de se rendre à la salle des séances pour y assister aux débats d'un meurtre et pour y prononcer un jugement. Avant de partir,, il voulut manger quelque chose, et on lui servit une tète de veau. La vue de cette tète lui inspira du dégoût et de l'horreur. Hors de lui-même, il se leva de table, criant à toute force qu'on enlevât de sa présence cette tète humaine. Ses serviteurs ne sachant que penser, crurent qu'il avait l'esprit troublé ; quant à lui, il partit sur le champ et se rendit au lieu des débats. Lorsque son tour d'émettre son avis fut arrivé, il se leva et d'une voix tremblante : « Oui, messieiu's, s'écria-t-il, Faccusé dont la culpabilité vient d'être mise au grand jour mérite certainement de mourir de la main du bourreau ! Mais, continua-t-il, vous voyez aussi dans ma personne un voleur et un assassin. Moi aussi je mérite de mourir de la main du bourreau ! » Ces paroles frappèrent toute l'assistance d'un muet étonnement ; on le crut saisi de quelque vertige, mais, loin de s'en tenir là, il persista dans son affirmation, raconta tous les détails de son crime, indiqua fidèlement le lieu où il avait enterré le cadavre du marchand, et demanda qu'on lui infligeât , le châtiment qu'il avait mérité, et qu'alors il mourrait volontiers. On instmisit son procès, et comme tous les résultats concordaient en tous points avec les dépositions de l'accusé, il fut condamné à mourir de la mort qu'il avait lui-même demandée [Th'saur.rerum memor.), k. Sentiment de NapoJéo7i Buonaparte sur le suicide, — Au commencement de l'expcditioii d'E|ryj ile, Ica

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suicides furent assez fréquents. Le général Buonaparte en fut indigné; il publia un ordre du jour où il flétrissait cette fureur qui arme l'homme contre lui-même et signalait ceux qui se donnaient la mort comme des dé* serteurs et des lâches qui abandonnent le poste qui leur a été confié {Ghdîlois, ii, p. 255).

l. Jugement de J ean-J acques Rousseau sur le duel.-^ a Gardez-vous^ dit-il, de confondre le nom sacré de l'honneur avec ce préjugé féroce qui met toutes les vertus à la pointe d'une épée et n'est propre qu'à faire de braves scélérats. En quoi consiste ce préjugé? Dana l'opinion la plus extravagante et la plus barbare qui entra jamais dans l'esprit humain, savoir que tous les devoirs de la société sont suppléés par la bravoure, qu'un homme n'est plus fourbe, fripon, calomniateur, qu'il est civil, humain, poli, quand il sait se battre, qu'un affront est toujours bien réparé par un coup d'épée, et qu'on n'a jamais tort avec un homme pourvu qu'où le tue. — Les plus vaillants hommes de l'antiquité, songèrent-ils jamais à venger leurs injures personnelles par des combats singuliers ? César envoya-t-il un cartel à Caton, ou Pompée à César, pour tant d'affronts réciproques? Si les peuples les plus éclairés, les plus braves, les plus vertueux de la terre, n'ont point connu le duel, s'ils n'ont jamais imaginé que le sang des citoyens dût couler que pour la défense de la patrie, je dis que le duel n'est point une institution de l'honneur, mais une mode affreuse et barbare. — Reste à savoir si, quand il s'agit de sa vie ou de celle d'aulrui, Thomme honnête se règle sur la mode, ou s'il n'y a pas alors plus de vrai courage à la braver qu'à la suivre. L'homme droitdont toute la vie est sans tache et qui ne donna jamais aucun sie:ne

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