‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 158 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

nuisibles que trois fléaux (à battre le grain). — Le temps est le médecin de la colère. — Le meilleiu: contrepoison de la colère, c'est la patience. — La colère a des bras au cœur (en d'autres termes, la colère ne sait pas temporiser).— Se venger c'est commettre une nouvelle injustice.— La vengeance ne demeure pas sans vengeance. Une vengeance en appelle une autre. — Il faut éteindre le feu, non avec du feu, mais avec de Teau (c'est-àdire, il faut opposer la douceur à la colère). — S ailler' s Weisheit aufder Gasse).

3. Intempérance. — Le sage fils de Siracb disait : « Ne soyez jamais avide dans un festin, et ne vous précipitez point sur toutes les \'iandes ; car l'excès des viandes cause des maladies et le trop d'avidité à manger donne la colique. » Lorsque Dieu fit tomber dans le camp des Israélites une telle abondance de cailles que l'espace qu'elles remplissaient était aussi étendu que le chemin qu'on peut faire en un j our, ils en mangèrent en si grande quantité qu'il en mourut un grand nombre, frappés par la colère de Dieu, en punition de leur intempérance. — « Ils avaient encore la chair entre les dents, est-il dit dans la sainte Ecriture, et ils n'avaient pas encore achevé de manger cette -^ iande que la colère du Seigneur s'alluma contre le peuple et le frappa d'une très-grande plaie. » {Nomd. il, 32, 33).

Nabal était à la fois un gourmand et un ivrogne. Il se montra froid et insensible aux modestes prières de David. Lorsque les vapeurs du vin se furent dissipées, sa femme hii raconta tout ce qui s'était passé, et son cœur fut comme frappé de mort et demeura insensible comme une pierre. — Dix jours après, le Seigneur le fiappa véritablement et il mourut (1. Rois, 25).

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Baltliasar^ roi de Bul»ylono, fut un mauvais souverain, parce qu'il aima les plaisirs de la table. Les lon^s festins au milieu dcsrpiels il passa une grande partie de son temps, affaiblirent ses facultés physiques et intellectuelles. Pour s'être servi des vases qu'il avait enlevés au temple de Jérusalem, il vit sa sentence de mort écrite sur une muraille, et perdit encore la même nuit et son trône et sa vie {Dan. 5).

Le mauvais riche avait, au sein de son abondance, étouffé en lui tout sentiment de compassion pour les nécessiteux, toute pensée de mort et d'éternité. Aussi sa vie fut-elle de courte durée, et il ne tarda pas à être précipité dans les flanjmes de l'enfer {Luc, 46).

Le livre des Proverbes décrit en ces termes les suites de l'intempérance : « A qui dira-t-on : Malheur ? Au père de qui dira-t-on : Malheur? Pour qui sont les querelles ? Pour qui les précipices ? Pour qui les blessures sans sujet? Pour qui la rougeur ou l'obscurité des yeux , sinon pour ceux qui passent le temps à boire du vin, et qui mettent leur plaisir à vider les coupes ? Ne regardez point le vin, lorsqu'il parait clair, lorsque sa couleur brille dans le verre. Il entre agréablement, mais il mord à la fin comme un serpent, et il répand son venin comme un basilic. » {Prov. 21).

è. Les médecins avaient déclaré à un malade que s'il se précautionnait contre lïvrognerie qui lui avait causé l'hydropisie, il parviendrait facilement à l'âge <le soixante ans; mais que s'il ne voulait pas vivre avec tempérance, il pouvait à peine espérer de vivre encore trois semaines. Mais, écoutez la réponse de cette incorrigible buveur ! Je préfère, dit-il, boire encore à mon aise pendant trois semaines et mourir eiisiiilej que

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déjeuner pendant soixante ans {En gel. dom. t2. p, Epiph.).

c. Les vieux Germains, peuple remarquable par sa continence, sa bravoure et son amour de la patrie, se déshonoraient souvent par la passion de l'ivrognerie, ce qui donnait lieu à de fréquentes disputes et à des rivalités qui ne finissaient que par des luttes et des combats sanglants {Tacitus).

d. Alexandre-le-Grand, qui régnait sur tant de milliers d'hommes, fut lui-même un jour tellement dominé par le vin qu'il tua son meilleur ami {Curtius) .

e. Attila, ce puissant roi des Huns , s'étant enivré au milieu d'un festin, il tomba sans connaissance dans son camp. Sanguin comme il Tétait, il saignait souvent du nez, ainsi que cela arrive encore maintenant aux personnes de ce tempérament. Mais comme il était couché sur le dos, le sang ne pouvant reprendre son cours naturel, une veine se brisa dans son corps, le sansr reflua sur Testomac et dans les poumons, et il mourut dans cet état [Stolb. R. G. B. 17).

/". En 1650, un certain Adam Steckmann, vigneron alsacien, qui avait dissipé tout son argent au cabaret, s'en retournait chez lui, éehaufi'é par le vin et aigri de l'état de pauvreté à lacpielle il se vit tout à coup réduit. Sa femme était absente. Son petit enfant le pria instamment de lui donner du pain, et comme sa fille lui présentait un couteau, il s'en servit pour tuer les deux enfants. Un autre enfant qui reposait dans son berceau se mit à pousser des cj-is lamentables. Le père l'en arracha avec violence, le jeta contre le mur avec une telle force qu'il retomba mort sur lo plancher. En ce moment, la mère arriva à la maison. A peine a-t-elle

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aperçu les cadavres ensanglantés de ses enfants qu'elle est frappée d'apoplexie et meurt quelques minutes après. — C'est ainsi que, dans l'espace d'une heure, cet ivrogne avait tué toute sa famille ; quant à lui il ne tarda pas non plus à mourir, mais ce fut de la main du bourreau {Lohn. Bibl. I, 689.).

g. Les anciens Romains détestaient tellement les buveurs qu'ils les chassaient du sénat et les excluaient de tous les emplois publics. C'est pour ce motif qu'il était défendu aux jeunes gens de boire du vin avant l'âge de trente ans. Quant aux femmes, elles s'en abstenaient pendant toute leur vie {Valer. Max. 1. 3.).

h. Les Grecs de l'antiquité avaient fait une loi qui statuait que celui qui dépenserait sa fortune psfr des excès d'intempérance, ne serait pas enterré dans le tombeau de ses ancêtres, mais dans un lieu rempli d'immondices [Alexand. ah Alexand. 1. 6.).

i. L'empereur Zenon était très-adonné à la boisson. Le genre de vie peu régulière qu'il menait, lui occasionna le mal caduc qui, chaque fois qu'il s'enivrait, prenait des proportions plus effrayantes. Dans la nuit du 9 avril 491, s'étant levé de table, ivre comme de coutume, il eut une attaque épyleptique, qui, cette fois, fut si violente qu'il tomba à la renverse et cessa de donner aucun signe de vie. Les employés de sa maison le crurent mort et en avertirent aussitôt son épouse l'impératrice Ariadne. Heureuse d'avoir Toccasioii de se défaire d'une manière si honnête de son époux qui lui était devenu à charge, dès le point du jour elle fit transporter secrètement son corps dans le caveau impérial, où elle plaça des gardes auxquelles clic défendit expressément de ne laisser pénétrer pcr-

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