PARTIE m. CHAPITRE II. i
montrèrent sons la forme la plus terrifiante. A ne considérer les choses qu'au point de vue religieux, quels ne furent pas les attentats commis envers la religion ? Le 7 novembre, Gobel^, évêque intrus de Paris, et qui avait juré la constitution civile du clergé, déclara qu'il ne voulait plus d'autre culte religieux que celui de l'égalité, et abjura le christianisme, ainsi que ses vicaires, Cette conduite lui valut des louanges multipliées, et la convention décréta qu'il n'y avait plus de Dieu. Elle prescrivit à tous les prêtres de résigner leurs fonctions, et interdit rexercice de la religion chrétienne sous peine de mort. Vint ensuite le pillage des églises • les hosties furent foulées aux pieds au milieu des plus horribles blasphèmes , et comme on voulait cependant avoir une divinité quelconque, la Raison fut élevée à cette dignité, et la cathédrale de Paris dut ouvrir ses portes et prêter ses autels à cette divinité improvisée par la démence. On érigea une statue représentant une prostituée, la tète coiffée d'un bonnet rouge et tenant une lance à la main. C'était la déesse Raison ! Ce n'était pas tout. On voulut aussi avoir une déesse vivante. Le choix tomba sur une comédienne que Ton transporta dans Tégiise en procession solennelle. A ses pieds se trouvait une croix, destinée à rappeler que le christianisme était vaincu. Dans Péglise, on lui offrait de l'encens, et lorsqu'on l'eût reportée dans la salle de la Convention, tous se prosternèrent devant elle et la baisèrent. 0 folie et délire des hommes ! Bientôt les crimes et les atrocités se succédèrent les uns aux autres avec rapidité. Comme on ne croyait plus en Dieu, on cessa de le craindre, et avec la crainte de Dieu, tout respect pour la vertu et la morale s'évanouit. Robespierre, le chef de ce gouver-
nement honteux, trouva qu'il y aurait imprudence à permettre plus longtemps que Ton prêchât Tatliéisme, à cause du peuple, comme il le disait. On publia donc un nouveau décret par lequel on proclamait l'existence d'un Etre suprême et Timmortalité de l'âme. On célébra en outre la fête du Très-Haut, mais à la manière des libres-penseurs ; quant au christianisme, il continua à rester frappé de réprobation.
e. Les exemples suivants nous font voir qu'au moment du danger toutes les illusions s'évanouissent, et que la croyance à l'existence de Dieu qui semblait effacée dans tous les esprits y reparaît subitement.
aa. Le philosophe païen Protagoras fut banni d'Athènes pour cause d'athéisme. Il monta sur un vaisseau qui faisait voile pour Syracuse. Pen(^nt le trajet il s'éleva sur la mer une violente tempête qui remplit d'efiroi tous les passagers, mais surtout ceux qui niaient l'existence de Dieu. Le philosophe devint pâle comme un cadavre , trembla de tous ses membres , et un éclair étant venu tout à coup à passer devant ses yeux, il tomba à genoux, et le regard tourné vers le ciel, il s'écria d'une voix lamentable : a 0 Dieu ! comme vous me poiu-suivez ! » {Nach Herbst's Exempelb. i, 59).
hb. Un aubergiste qui, pendant ses voyages, avait fréquenté un grand nombre de mauvaises sociétés, et qui, entre mille autres erreurs, avait aussi appris celle de l'athéisme, prit à tâche, dès qu'il fut de retour chez lui, de communiquer à ses hôtes les principes corrompus dont il était infecté. Un jour deux hommes honnêtes et vertueux entrèrent dans sa maison. Il ne cessa de les tourmenter depuis six heures du soir jusqu'à onze • Ueiucs de lu liuit par son inciuyable babil. Il voulait