‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 164 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE II

leurs troupeaux, de leur grange et de leur pressoir, afin de subvenir à leurs premières nécessités [Deuî, 15, li). Mais nous irions trop loin s'il nous fallait énumérer toutes les lois faites en vue de la santé et du bien-être du peuple juif.

Qui pourrait redire les services innombrables que Joseph rendit à des milliers de personnes, en employant toutes les ressources que lui suggérait son dévouement, poiu? empêcher l'Egypte de succomber à la famine ? En cela, il fut une figure de Jésus qui, lui aussi, travailla avec ardeur au bien-être corporel des hommes, par le prodige de la multiplication des pains, et en se montrant si compatissant envers une multitude de peuplo affamé {Marc. 8, 2), ainsi que par les guérisons nombreuses qu'il opéra {Luc, 8, 55). Quelle preuve le Sauveur ne donna-t-il pas de la part qu'il prenait au bienêtre corporel des hommes, lorsque, après avoir ressuscité la fille de Jaïr, il rappela à ses parents de lui donner quelque chose à manger, la joie leur faisant oublier de le faire eux-mêmes {Luc, 8. 55). — Saint Paul paraissait être vivement préoccupé de la santé de son disciple Timothée, lorsqu'il lui écrivait : a Cessez de ne plus boire que de l'eau, mais usez d'un peu de vin, à cause de la faiblesse de votre estomac et de vos fréquentes maladies» (1. Tim. 5, 23). — Le même apôtre, lors de son voyage à Rome, montra une grande soUicilude pour la vie de ses semblables {Act. 27, 30). Par sa prudence, il retint les matelots qui voulaient s'enfuir et abandonner à la merci des flots les passagers qui so trouvaient sur le vaisseau.

h. Les païens et les chrétiens. — Le coiik*aste que nous remarquons dans la conduite des cluéliens et des

342 CATÉCinSME HISTORIQUE.

païens, sert à nous prouver qu'il n'y a que la vraie foi qui apprenne à l'homme à se montrer miséricordieux et compatissant envers ses semblables. Parmi les crimes des païens', saint Paul énumère : Tinjustice, la méchanceté, la fornication, l'avarice, la mahgnité, l'envie, les meurtres, les querelles, la fourberie {Rom. 4, 29). Quelles cruautés vraiment inouïes les païens ne se permettaient-ils pas envers leurs esclaves ? Un païen, Sénèque, disait [Lih. 1. Ep. 47) « qu'en présence de leurs maîtres, ils ne pouvaient ni tousser, ni éternuer, ni même mouvoir les lèvres, sans en être sévèrement châtiés. Quand on les rouait de coups, il ne leur était pas permis de faire entendre la moindre parole , de pousser le plus léger soupir. On les faisait souvent rester debout pendant des nuits entières, gémir dans quelque coin, mourant de faim et immobiles comme des statues. Chaque propriétaire était libre de tourmenter son esclave selon son bon plaisir. — Ils n'épargnaient pas même leurs enfants auxquels ils faisaient endurer les supplices les plus atroces. — Les mères tuaient leurs propres enfants, les jetaient aux chiens, les livraient à la dent des bêtes féroces, ou les précipitaient dans l'eau » [Tertul. Apol. c. 9). De leur côté, quand leurs parents étaient malades de la peste, les enfants les chassaient de la maison , les laissant errer ça et là en proie à toutes les souffrances, ou bien les tuaient eux-mêmes. Saint Denis, évèque d'Alexandrie, écrit à ce sujet : « Les païens repoussaient loin d'eux ceux qui commençaient à devenir malades (de la peste) et bannissaient de leur présence ce qu'ils avaient de plus cher (leurs parents, leurs frères et leurs sœurs). Lorsqu'ils les rencontraient demimorts siu- la ruC; ils les foulaient aux pieds, et lorsqu'ils

Page 1