‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 18 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

leur prouver qu'il r/y avait ui Dieu, ni ciel, ni enfer. Ils essayèrent de le réfuter en empruntant le secours de la parole de Dieu, mais à toutes leurs observations il n'opposa que la raillerie et le sarcasme. Les deux hôtes furent émus de compassion en voyant Taveuglement de cet homme. A peine eurent-ils dormi pendant une demi-heure qu'ils furent réveillés en sursaut par ces cris : Au feu ! C'était la maison de l'aubergiste qui brûlait; une flamme affreuse s'élevait déjà dans les airs, de sorte que la maison du propriétaire parut être en danger. Eveillé par les deux hôtes, l'aubergiste, à la vue de ce vaste embrasement, s'écria en frappant ses mains l'une contre l'autre : « 0 Dieu tout-puissant ! Dieu vraiment fort ! Dieu de grâces et de miséricordes ! venez à mon secours ! » — Ici l'un des hôtes l'interrompit en lui disant : « Comment, insensé ! vous avez blasphémé Dieu toute la soirée, et vous voulez qu'il vienne à votre secours?» [D'après le ni ê 7/1 e).

ce. La marquise du Chatelet, l'amie de Voltaire, qui pendant qu'elle jouit d'une santé florissante ne cessa de répéter que la religion n'était que superstition, déclarant qu'il n'y avait de vertu que la volupté et la gourmandise, fut d'avis, sur son lit de mort, qu'il était peutêtre avantageux qu'elle reçut les sacrements et mourût en chrétienne. Elle demanda conseil à son séducteur Voltaire, qui se contenta de lui répondre : Choisissez le parti le pins sûr {Amiegarn's Gesch).

dd. En 1778, Voltaire eut une hémorrhagie qui. lui rappelant la pensée de la mort, le jeta dans d'horribles angoisses. Déjà deux fois, en pareille occurence, il avait abjuré son incrédulité et reçu les sacrements; mais à peine guéri, il rougissait de sa conversion et

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recommençait le cours de ses impiétés. Cette fois encore il pria le curé de Saint-Siilpice de lui administrer les sacrements des mourants. Il lui envoya l'abbé Gauthier; Voltaire se confessa, et fit quelques jours après, en présence de témoins , la déclaration suivante : « Je soussigné déclare, qu'ayant été attaqué par une hémorrhagie, il y a quatre jours, je me suis confessé à M. l'abbé Gauthier; et que, si Dieu m'appelle à lui, à l'âge de 8 i ans, je veux mourir dans la rehgion catholique. — J'espère de la miséricorde de Dieu qu'elle m'accordera mon pardon, et je demande à Dieu qu'il veuille bien me pardonner les scandales que j'ai pu donner à l'Eghse !

Paris, le 2 mars 1778.

VOLTAIRE, m. p.

En présence de mon neveu l'abbé Mignot, et de mon ami LE Marquis de Ville vielle. »

Après que ce document eut été souscrit en due forme. Voltaire y ajouta : « Comme M. Gauthier m'a rappelé qu'on disait dans un certain monde, que, dès que je serai guéri, je protesterai contre tout ce que j'ai pu faire sur mon lit de mort, je déclare n'avoir jamais tenu de semblables discours, et que c'est une vieille plaisanterie que l'on a coutume de faire sur un grand nombre de savants qui se sont montrés plus impies que moi. »

A la nouvelle que leur patriarche était redevenu chrétien, les hbres-penseurs ne se possédèrent plus de fureur. — Cependant cette fois-ci encore Voltaire ne persévéra pas dans les dispositions favorables qu'il avait manifestées. Au mois de mai, il reparut au théâtre, fut

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