‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 19 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE H · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE H

courouné solennellement de laurier : sa conversion r.tait oubliée. Ses amis firent tous l^urs efforts pour le faire persévérer dans cette nouvelle voie. Ayant été de nouveau pris d'un crachement de sang et ayant demandé un prêtre, arrivèrent Diderot et d'Alembert^ et autres libres-penseurs qui n'en laissèrent approcher aucun. Alors Voltaire s'écria avec l'accent de la rage : a Quelle gloire malheureuse vous me préparez ! » Au milieu des cris du désespoir , il prononça le nom de Jésus, se mit à blasphémer , maudissant ses amis , se débattant , se déchirant lui-même et dévorant ses excréments, comme le rapporte son médecin Tronchin. — Voilà qui est fort, s'écria Richelieu , qui assistait à sa mort, et il s'éloigna de cette scène d'horreur. — Telle fut la mort de cet impie, qui arriva le 30 mai 1778. L'archevêque de Paris, Beaumont, lui refusa constamment la sépulture ecclésiastique -, son cadavre fut transporté hors de Paris.

ee, D'Alembert, l'ami de Voltaire, tomba malade cinq ans plus tard, et lui qui, tandis qu'il était en santé, s'était montré si ardent propagateur de l'incrédulité, et avait eu l'audace de refuser à Voltaire le secours d'un prêtre, demanda néanmoins avec tant d'instance le curé de Saint-Germain, dès qu'il sentit que son heure approchait, qu'un des libres-penseurs qui étaient présents, sortit pour faire semblant d'aller le chercher, quoiqu'il fût prouvé dans la suite qu'il ne l'avait pas fait. Après quelques instants, il reparut, annonçant qu'il viendrait bientôt. Mais le malade ne pouvant attendre , il fallut retourner une seconde fois, et cet ami perfide rentra bientôt, disant que le curé était empêché pour le moment; ce qui était un mensonge. Eu proie

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aux plnsefiroyahles angoisses^ le malade lui fit envoyer un billet par un domestique ; mais il n'était pas encore de retour, que d'Alembert n'était déjà plus qu'un cadavre. C'était Condorcet qui avait été l'àme de (.eite machination infernale; aussi s'en flattait-il;, car il disait : « Si je n'avais pas été là, il se serait rendu. »

ff. Dans les Etats-Unis, la fille d'un général connu pour être l'un des incrédules et des athées les plus déclarés, car il répandait lui-même les pernicieuses doctrines de rirr('4igion, tomba malade. C'était pendant la nuit du 12 au 13 novembre de l'année 18.. ; safdle paraissait n'avoir plus que quelques instants à vivre. nie fit venir son père auprès de son lit, lui prit la main et lui adressa ces paroles d'une voix mourante : « ^îon père, je mourrai dans quelques minutes; veuillez bien sérieusemcDt me déclarer si je dois croire ce que vous m'avez enseigné, c'est-à-dire, s'il n'y a ni Dieu, ni ciel, ni enfer; ou si je dois croire ce que j'ai appris de la bouche de ma mère? — « Sa mère était une personne pieuse et chrétienne. — Le général fut pendant quelques moments comme frappé de la foudre, les yeux fixés sur le lit de sa tendre fille. Son cœur parut être en proie à de violentes douleurs; enfin, il s'approcha de 9on ht et lui dit d'une voix entrecoupée par les sanglots : Mon enfant ! croyez seulement ce que vous a appris Totre mère! Qu'on s'imagine l'étonnement des incrédules qui se trouvaient présents? — L'un d'eux, qui avait depuis longtemps abjuré sa foi, interrogé sur ce qu'il en pensait, répondit : a Qu'il était plus commode de vivre d'après la iiouv(;llo croyance, mais qu'il valait mieux mourir dans l'ancienne. » [Mardi, in Beispiel. p. 273).

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