PARTIE III. CHAPITRE II
après la captivité de Babylone^ une pfranrle partie des habitants tomba dans un afïreux dénùment. Ne sachant par quel moyen sortir de cette triste position, ils empruntèrent de l'argent aux riches et hypothé- (pièrent leurs champs^ leurs jardins et leurs maisons. Bientôt un cri de détresse s'éleva au milieu de ces pauvres gens sur la iureté des riches usuriers. Néliémias prit sérieusement l'affaire en main, et parvint à faire rendre à leurs possesseurs les biens qui avaient été engagés. — Les usuriers avaient aussi prêté à intérêt (1) à leurs frères malheureux, bien qu'il leur fût défendu de prêter à intérêt à leurs compatriotes (2. Esdras. 5.).
h. Deux époux amenèrent un jour leur fils qui avait été mordu par un chien et qui poussait des cris horribles auprès de Termite Amon qui était en grande réputation de sainteté, et le prièrent de lui imposer les mains, afin de le guérir. Amon, éclairé soudain par ?me révélation d'en haut, répondit : « Pourquoi m'im- Ijortunez-vous en me demandant ce qui est bien audessus de mes forces? Tout ce que je puis vous dire, c'est que la guérison de votre fils ne dépend pas de moi, mais de vous-mêmes. Restituez le bœuf que vous avez enlevé à une veuve , et votre fils ne tardera pas à recouvrer sa guérison. » Les deux époux tressaillirent d'horreur en entendant que leur crime était découvert, et n'eurent rien de plus pressé que de restituer «^e qu'ils possédaient injustement, après quoi leur lils :ie tarda pas à recouvrer sa guérison {Sozom. Hist. 9ccl., 1. 1. c. 1-4).
(1) Environ 12 0/0. Voir l'ouvrage inlilulc: Schriflerlilœrunrj^ [lar breniano.
t. Saint Ccrnardin nous raconte Thistoire suivante : La famine ayant éclaté à Rimini, la cherté excessive du blé jeta la désolation dans toute la ville ; seul, un usurier se réjouissait de la misère puhilique, parce qu'il avait des provisions abondantes dans ses greniers. Néanmoins, quoique le blé fût déjà parvenu à un prix très -élevé, il refusait de livrer ses provisions, pensant que le prix en augmenterait encore. Afin d'échapper aux sollicitations incessantes des habitants, il alla habiter une campagne. Cependant il n'oubliait pas de se placer chaque jour sur la route et de s'enquérir auprès des passants du prix du froment. Quand on lui répondait qu'il allait toujours en augmentant, il poussait un profond soupir de commisération, mais il en riait intérieurement. Comme il arriva que deux hommes, vrais amis de l'humanité , ayant acheté du blé en Apulie, le firent amener à Rimini, afin de subvenir à la détresse, le prix baissa de moitié. L'usurier, qui avait l'intention de se rendre ce jour-là à la ville, pour profiter de la misère de ses semblables, se plaça de nouveau sur la route pour s'informer du prix courant. JNIais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit arriver à lui une foule immense d'hommes qui chantaient et poussaient des cris de joie, marchant à côté de leur ânes affaissés sou9 d'énormes sacs de blé. N'augurant rien de bon de tout ce vacarme, il demanda en tremblant quel était le prix du jour. Alléluia ! s'écrièrent tous en chœur les voituricrs, aujourd'hui le prix a baissé de moitié. — A ces mots, l'usurier resta comme pétrifié ; quelques minutes après, on l'entendait encore murmurer : Baissé de moitié ! Il se rendit alors à la ville, il rencontra dcg connaissances qui le saluèrent, mais ils ne reçurent