‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 185 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE II

très-?rand prix sans que personne se hasardât à les enlever. — Et^ lorsqu'un voyageiu" avait perdu sa bourse, il pouvait au bout d'un mois aller la reprendre au même endroit {Lingard's Geschicte v. England, B. i. S. 218).

d. Robert^ duc de Normandie, s^étant fait baptiser en 912, exhorta ses sujets à suivre son exemple. Bientôt la rehgion fut si florissante parmi eux qu'on n'entendit plus jamais parler de vol. Personne n'osait ni retenir ni accaparer le bien d'autrui. — Ainsi^ le duc raconte qu'ayant laissé sa cravate suspendue à une branche d'arbre, il la retrouva, au bout de trois ans, telle qu'il l'avait laissée {Ber. Berc. K. G.B. 9).

e. Saint Eloi, célèbre orfè\Te, fut chargé par Clotaire II, roi des Francs, de lui faire un trône, sur lequel l'art rivahserait avec l'or et les pierreries. Il reçut pour cela le matériel nécessaire, et fit un chef-d'œuvre qui satisfit entièrement le roi. On ne lui réclama pas les restes de l'or et des pierres précieuses, mais le saint homme était trop consciencieux pour profiter de l'ignorance ou de l'oubli du roi. Peu de temps après, il ne tarda pas à livrer au roi un second trône aussi artistement travaillé que le premier, en lui disant qu'il l'avait fait avec ce qui était resté de l'or et des pierres précieuses. — Exemple digne de servir de modèle aux artistes, etc. (Lemême, 7).

/. Le roi Dagobert V^, fils et successeur de Clotaire II, avait fait présent au même saint d'une magnifique maison située à Paris. L'intention d'Eloi était de la convertir en couvent de religieuses; mais comme l'espace lui manquait, il pria le roi de vouloir bien lui accorder encore un terrain adjacent à sa maison et qui apparte- 11. 22

390 CATJ^CmSME HISTORIQUE.'

nait au roi. Il l'obtint sans grande difficulté. Toutefois, pendant la construction du bâtiment, il remarqua qu'on avait dépassé d'un pied la place qui lui avait été accordée. Aussitôt il fit démolir les murs, se rendit en toute bâte cbez le roi, le priant de vouloir bien lui pardonner. Le roi, surpris d'une telle délicatesse de conscience, dit aux courtisans qui Tentouraient : a Voyez combien grande est la franchise et l'honnêteté de ceux qui appartiennent au Seigneur, et qui se sont fait un devoir d'honorer en tout son saint nom. Mes gouverneurs ainsi que les administrateurs de mon royaume ne se font aucun scrupule de m'enlever des principautés tout entières, et ce serviteur de Dieu n'a pas même osé, comme vous le voyez, empiéter sur quelques pouces de terrain. » — Le prince, flatté d'une aussi noble conduite, ajouta encore à la donation qu'il avait faite, et donna au saint une propriété dans le Limousin, où celui-ci éri-gea un couvent d'hommes {S, Quien, Vie de S. Eloi).

g. L'empereur romain Alexandre Sévère, ayant appris qu'un soldat avait volé une pauvre vieille femme, il le condamna, en punition de sa faute, à être son esclave {Stolb. R. G. B. 8).

k. Lorsque Michel Rhangab fut élevé sur le trône d'Orient, son premier soin fut de s'appliquer à guérir le plus promptement possible les blessures faites à l'humanité par la cupidité de l'empereur Nicéphore. Dès les premiers jours de son règne, il lit ouvrir tous les trésors publics, restituer les biens enlevés, et satisfaire à toute réclamation lé.^itime. Aussi, grâce à ces mesures, on vit bientôt les richesses énormes accumulées et enfouies depuis longtem[tS, semblables à une pluie bien-

Page 1