‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 189 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

cun parle à son prochain dans la vérité, parce que nous sommes membres les uns des autres. »

l. Saint Jacques, évèque de Nisibe, alla un jour dans un lieu où se trouvaient réunis un grand nombre de pauvres qui le prièrent de leur venir en aide afin qu'ils pussent donner une sépulture honorable à un homme qui venait de mourir ; il leur donna ce qu'ils demandaient et alla plus loin. Lorsque Tévèque fut parti, les mendiants dirent à leur camarade qui avait fait semblant d'être mort, qu'il pouvait se lever, que le piège avait réussi. Mais, quelle ne fut pas leur frayeur lorsqu'ils virent que le prétendu mort Tétait véritablement. Sur-le-champ ils coururent après le Scdnt, lui avouèrent leur mauvaise foi, le priant de leur pardonner et de rendre la vie à leur compagnon. Le saint retourna, fit une prière sur le cadavre à qui la vie fut rendue (Theodor. Hist. monach. C. 1).

c. Saint Augustin, parlant de lui-même, fait Taveu suivant : « J'étais, encore enfant, d'une méchanceté très-grande; je trompais, par de fréquents mensonges, mes gouverneurs, mes parents et mes maitres. Au mensonge vint bientôt se joindre le vol, car je ne tardai pas à voler à mes parents tout ce qui me convenait, soit dans le garde-manger, soit à la cave; je prenais de même sur la table pour manger en cachette ou pour troquer avec mes camarades. Coupable jusque dans les jeux, combien de fois, vaincu par la puérile vanité de l'emporter sur les autres, n'ai-je pas surpris frauduleusement la victoire? — Maintenant, Seigneur, avec quelle effusion de joie je vous rends grâces d'avoir arraché mon cœur et ma langue aux attraits de la fourberie et du mensouij^c! » {S. Au g. Coules. 1. 1, c. \\i.)

39S CATÉCHISME HISTORIOUE.

d. Un enfant de neuf ans, qui avait dérobé quelque cliose, pleurait amèrement, sachant fort bien que si son père en avait connaissance, il en serait très-irrité. Les domestiques lui ayant demandé la cause des larmes qu'il versait, ils lui conseillèrent d'échapper au châtiment en recourant au mensonge. Mais l'enfant repoussa avec horreur un pareil moyeu. Je préfère, dit-il, être battu que de mentir. Que mon père fasse de moi ce qu'il voudra, je ne mentirai pas, dût-il m'assommer. Car, comment oserais-je encore demander quelque chose à la sainte Vierge, si je blessais la vérité {Lohn, Bibl. II, 310).

e. Saint Firmin tenait caché chez lui un jeune homme qui s'était attiré, quoique innocemment, la disgrâce de l'empereur, et qu'on cherchait partout afin de le faire mourir. L'empereur ayant appris que Firmin l'avait reçu chez lui, aussitôt des huissiers allèrent le trouver et lui demandèrent s'il était vrai qu'il retenait le criminel caché, exigeant, en même temps, qu'il le livrât entre leurs mains. Mais l'évèque répondit avec fermeté qu'il ne lui était permis ni de mentir, ni de leur découvrir celui qu'ils cherchaient. A cette réponse, on se mit à lui faire souffrir tous les tourments imaginables^ afm de lui arracher son secret. Mais Firmin ne cessait de répéter : « Je sais mourir, mais je ne sais point parler lorsqu'il est question de perdre un innocent. » ^ Ces paroles ayant été rapportées à l'empereur, il fut tellement surpris, quoique païen, de l'amour de la vérité et du dévouement envers le prochain que fiiisait paraître cet homme consciencieux, qu'il fit grâce au cou[»ablc'(-S'. Aug. 1. de Mendac. c. 13).

/. Saint André d'Avellin s'était livré à Tétude du

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