‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 190 sur 306 · PARTIE III. CHAriTRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAriTRE II

droit, et était devenu un célèbre avocat. Une faute dans laquelle il tomba lui fit entièrement quitter le monde. Un jour qu'il plaidait devant la Cour ecclésiastique, il lui échappa de dire un mensonge, dans un point, toutefois, qui n'était pas de grande importance, La lecture de ces paroles de l'Ecriture : La louche qui profère le mensonge donne la mort a Vâme, fit sur lui une telle impression, qu'il renonça pour jamais à la profession d'avocat, pour se consacrer uniquement à la pénitence et au saint ministère. Il entra, en 1556, dans la congrégation des Théatins [Ber. Berc, etc, Hist. de l'EgL).

g. Saint Thomas d'Aquin enseigne qu'il n'est jamais permis de mentir, même par pure plaisanterie. Un de ses amis voulant badiner, s'écria un jour : a Voyez ce bœuf qui vole. » — Thomas, étonné, promena ses regards de tous côtés, tandis que son ami se mit à rire aux éclats de sa grande créduhté. Mais le saint jeta sur lui un regard sévère et lui dit : a On doit croire plus facilement qu'un bœuf vole que de penser qu'une bouche chrétienne profère un mensonge. » [Lolin. Bibl. U, 311.)

h. L'empereur Théodose II ayant fait présent d'un fruit précieux à son épouse, l'impératrice Eudoxie, celle-ci le donna à un courtisan, qui était gravement malade. L'empereur en ayant été informé, en devint jaloux, et demanda à son épouse comment elle avait trouvé ce fruit ? Eudoxie, connaissant la failjlesse de son inaitre, bien qu'elle ne se sentit coupable en rien, n'osa cependant pas avouer la vérité, mais affirma, avec tout l'aplomb possible, qu'elle l'avait trouvé délicieux. Ce mensonj^e ne lit que conihmcr l'empereur

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dans les soupçons OÙ il était, qu'il existait, entre cUc et le malade, des liaisons coupables. C'est pourquoi il fit assassiner le malade, et, peu après, il bannit son épouse de sa cour {Ihid. p. Z\^).

i. Les menteurs les plus dangereux sont, sans contredit, les flatteurs. Par leurs louanges exagérées, ils parviennent à nous fermer les yeux sur nos défauts, nous persuadant que nous sommes doués de mille vertus que nous ne possédons souvent qu'à un degré trèsinférieur, et exercent ainsi sur notre cœur et notre esprit une influence très- pernicieuse. — Le chancelier de l'empereur Justinien II, Trf'bonianus, poussait si loin la flatterie envers l'empereur, quoique celui-ci possédât une foule de défauts, qu'il lui assurait, avec tout le sérieux possible, que ses courtisans, le peuple tout entier et lui-même ne craignaient rien tant, que de voir Justinien, à cause de sa haute piété et de son cminente vertu, arraché tout à coup du milieu d'eux, pour être transporté tout vivant au ciel. Comment s'étonner que l'empereur, qui pouvait entendre de pareilles flatteries, ne fermât pas les yeux sur ses faiblesses, et fut mis ainsi dans l'impossibiUté de travailler à se corriger (/S'/foJ. R. G. B. 19).

11. L'empereur Sigismond donna un jour un violent soufflet à un coin-tisan qui avait eu l'audace de le flatter, en lui disant : o Poiu-quoi me mords-tu, flatteur. »

Ladislas, roi de Pologne, agissait de même à l'égard des flatteurs. Comme on lui demandait un jour la cause de cette sévérité, il répondit : « C'est là une compensation très-équitable : ceux qui me battent, je les bats à mon tour, d

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