Hérésie
a. L'hérésie a presque toujours sa source clans l'orgueil.
aa. Saint Paul écrivait déjà de son temps : « Si quelqu'un enseigne une doctrine différente de la nôtre^ et n'embrasse pas les saintes instructions de notre Seigneur Jésus-Christ et la doctrine qui est selon la piété^ il est enflé ^orgueil, il ne sait rien ; mais il est possédé d'une maladie d'esprit qui l'emporte en des questions et des combats de paroles, d'où naissent l'envie, les contestations, les médisances, les mauvais soupçons, les discours pernicieux de personnes qui ont l'esprit corrompu, qui sont privées de la vérité et qui s'imaginent que la piété doit leiu? servir de moyen pour s'enrichir (1. Tim. 6, 3).
Ih. Montan était un homme plein d'orgueil et d^ambition. Il prétendait qu'il était favorisé de révélations divines, et que ce consolateur que Jésus-Christ nous a promis avait été choisir en lui sa demeure, afin qu'il suppléât aux enseignements de Jésus-Clu ist {Klem's K. G. I).
ce. Déjà dans les premiers siècles du christianisme, nous rencontrons de ces hommes orgueilleux qui se laissèient entraîner par le désir de se faire, en matière de rehgion, une manière de penser à part, et de n'admettre de la révélation divine, que ce qu'ils pouvaient comprendre à l'aide de leur intelligence bornée {Voir i^'vol.,^. 153).
dd. Un prêtre d'Alexandrie, Arius de nom, désirait
(1) Voir ^c premier volume, i^'^o. G5.
50 CATÉCmSME HISTORIQUE.
vivement monter sur le siège épiscopal de cette ville; mais un autre, saint Alexandre, lui fut préféré. Aigri de n'avoir pas été choisi, un jour qu'Alexandre prêchait que le Fils est égal au Père, l'ambitieux Arius le qualifia d'hér('tiqne, prétendant que si le Fils était égal au Père, il ne saurait être appelé du nom de Fils. Uévèque fit tous ses efforts pour le ramener à de meilleurs sentiments ; mais n'ayant pu y réussir, il l'excommunia. Arius se rendit en Palestine, et parvint malheureusement à entraîner quelques évêques dans son erreur. On vit alors la chrétienté se partager en deux partis, et ce que trois siècles de persécution ne purent obtenir, savoir la destruction de la croyance à la divinité de Jésus-Christ, — l'esprit de parti qui régnait parmi les chrétiens l'obtint, en grande partie du moins {AnnegaT7is WeltgescTi).
ee. Saint Augustin écrit : « Il existe à la vérité différentes hérésies dans divers endroits, mais toutes ont le même père, — l'orgueil. » {S. Aug. 1. de past. c. 8).
i. Fuyez les dangereux corrupteurs de la vérité.
aa. Jésus-Christ nous donne cet avertissement (i/a^/^. 7, 15) : « Soyez en garde contre les faux prophètes, qui se présentent à vous sous la peau de brebis, et qui, intérieurement, sont des loups dévorants. » Et saint Paul écrivait à son disciple Tite {TU. 3, 6) : « Evitez celui qui est hérétique, après Tavoir averti une première et une seconde fois, sachant que quiconque est en cet état est perverti, et qu'il pèche comme un homme qui se condamne lui-même par son propre jugement. »
hh. Saint Irénée atteste que les apôtres et leurs disciples veillaient avec tant de soin à la conservation de la puieté de la foi^ qu'ils évitaient scrupuleusement