PARTIE III. CHAPITRE H
î. Aristobule avait, dans une histoire sur la vie d'Alexandre-le-Grand, poussé la flatterie jusqu'aux dernières limites. Naviguant un jour sur le fleuve Hj^daspes avec le conquérant^, et s'étant mis à lui lire son ouvrage, le monarque le lui arracha violemment, et, furieux d'avoir entendu les flatteries qu'il contenait, le jeta dans le fleuve en disant : « A vrai dire, je devrais vous traiter de la même manière que ce Uvre, car vous méritez plus que lui d'être englouti dans cet humide tombeau. » {Ibid. 50).
m. Aristippe ayant aperçu Diogène qui lavait luimême ses légumes, il lui dit : a Si vous saviez comment on doit se comporter avec les rois, vous n'oseriez pas vous contenter d'une nourriture si commune. » Aigri par ces reproches, Diogène répondit : « Si vous aviez appris à être sobre, vous ne flatteriez pas Denis, comme vous le faites, vous préféreriez être homme que de jouer le rôle de boufîon du roi. » — Comme on demandait à un autre philosophe, nommé Bias, quel était, selon lui, Tanimal le plus méchant et le plus dangereux, il répondit : « Parmi les animaux féroces, c'est le tyran ; entre les animaux domestiques, c'est le flatteur. » {Ibid.).
n. On raconte au sujet de l'empereur Trajan, qu'il * aimait tellement un prince du royaume de Thrace qui avait été fait prisonnier dans une guerre, qu'il résolut de le rétablir sur le trône de sa patrie. Malheureusement, il arriva que l'empereur le prit en flagrant délit do mensonge. (Le prince aflirmait qu'il avait été à l'école, tandis qu'il s'était promené dans le jardin). Indigné de cette conduite, l'empereur dit au prince : « J'étais déj.ï décidé à vous remettre en possession de votre royaume, Il 23
mais, puisque vous m'avez fait reconnaître que vous êtes un menteur,, j'en confierai le gouvernement à un autre. — Ce même empereur détestait tellement les menteurs, qu'il les faisait placer sur un vaisseau n'ayant ni voile, ni gouvernail, et les lançait ainsi au milieu des flots {Lohn. Bibl. u, 322 et 313).
0. Les anciens Romains considéraient le mensonge et la duperie comme des vices indignes d'un homme lLl3re. Aussi avaient-ils coutume de brûler les menteurs sur le front avec un fer rouge, ce qui était un signe d'infamie [Cicero, pro Rast. Amerin.).
p. Sur l'île de Ténédos , non loin de Troie, le roi Ténés avait ordonné que le bourreau, armé de son glaive, serait toujours debout à côté du juge, afin de décapiter sur le champ quiconque aurait été convaincu d'avoir menti ou fait une fausse déposition en justice. C'est de là qu'est venu ce proverbe : « Le glaive de Ténédos », quand on a voulu parler d'un châtiment prompt et sévère [Lohn. Bibl. ii, 313).
q. Chez les Francs et chez lesSouabes, ceux qui étaient convaincus de mensonge étaient obligés de porter, en signe de leur impudence, uu chien galeux sur la placo publique {ihid.),
SENTENCES ET COMPARAISONS
a. « Celui-là est un menteur, qui parle autrement qu'il ne pense, ou qui se fait passer pour ce qu'il n'est pas. Il n'est pas permis de mentir, sous quelque prétexte (l'utilité que ce soit, pas môme pour sauver la vie à un 1 om me, que dis-je? quand bien même on poiurait, 1 ir ce moyen, sauver l'univers eûtier, car Dieu n'a pas