PARTIE in. CHAPITRE II
je déchaine du moins ma langue, et je vomis toute espèce d'injures et de blasphèmes contre eux, car les auditeurs n'aiment rien tant que d'entendre outrager et maudire leurs semblables. » — Ce Zoile n'est-il pas l'image fidèle des calomniateurs de nos jours? {jElian. liv. il).
e. Un vénérable évèque avait un jour à sa table un hôte qui médisait d'une personne absente, ce qui déplut fortement au prélat. Comme il voulait donner une leçon salutaire à ce médisant, il ordonna publiquement à l'un de ses domestiques de se rendre chez la personne dont la réputation était ainsi flétrie. Le médisant, en entendant cet ordre, fut saisi d'une vive frayeur; il se mit à bégayer quelques paroles, pour essayer de détourner Tévèque de ce dessein , mais ce dernier répondit avec calme : « Je fais venir ce monsieur, afin qu'il puisse répondre à vos accusations, car il ne serait pas juste de prêter l'oreille aux plaintes que vous avancez contre lui, sans lui fournir l'occasion de se défendre. » Plût à Dieu que tous les médisants se trouvent ainsi embarrassés! [Silhsrt's Hausl. s. 389).
f. Trois hommes avaient conjuré la perte de saint Narcisse, évèque de Jérusalem, et l'accusaient publiquement d'un crime infâme. Afin de donner encore plus de poids à leur accusation, le premier d'entre eux déclara qu'il voulait être brûlé tout vif s'il ne disait pas la vérité; le second s'écria : «Et moi je veux être en proie à la maladie la plus horrible si j'ai menti; » 1q troisième : a Je désire perdre la vue, si ma déposition est fausse. » Quant à saint Narcisse, voyant que son influence allait s'afl'aiblissant de jour en jour sous l'action de ces accusations déshonorantes, il se retira dari3 la solitude. Toutefois^ les trois accusateurs ii'cch;ip|<.>
rent point au châtiment qu'ils avaient appelé sur eux. Le premier fut brûlé lors d'un incendie qui éclata dans sa propre maison ; le second se vit couvert d'ulcères des pieds à la tète, et vit son corps tomber en putréfaction et se consumer. Pour le troisième, il fut tellement effrayé du châtiment qui avait frappé ses deux compagnons, que les larmes abondantes qu'il versa lui firent perdre la lumière des yeux {Euseb. Hist. eccl. 1. 6, c. 8).
g. L'empereur romain Titus, fils de Vespasien, faisait punir sévèrement les faux témoins qui cherchaient à s'enrichir par des dépositions dénuées de fondement, n faisait battre les uns de verges publiquement ; il reléguait les autres dans des iles désertes ; quelques-ims, enfin, étaient vendus comme esclaves [Stolb. R. G. B. 7).
L'empereur Constantin-le-Grand punissait de mort les faux témoins {Le même, t. 9).
ïhéo(iose-le-Grand ordonna, en 386, que quiconque recevrait entre les mains un écrit diffamatoire, devrait aussitôt le détruire et ne pas le répandre plus loin. Celui qui propageait de semblables écritures, était puni aussi sévèrement que les auteurs de ces œuvres de mort Inventées par la méchanceté pour perdre la société {Codex Theodos.).
Les Sarrasins avaient l'habitude de fendre, avec flVie cp«îe, depuis la tète jusqu'au nombril, ceux qui étaient convaincus de calomnie.
L'empereur Domitien bannissait de Rome les calomniateurs et les faux déposants. On l'entendait souvent répéter ces paroles : « Ne pas sévir contre les médisants et les calf^niateurs, c'est les encourager et les rendre plu^audacieux » {Lhon. Eibl. i, 517).