PARTIE m.' CHAPITRE II
h. Saint Aii.s^ustin ne permettait jamais à ceux qu'il invitait à sa table de blesser la réputation du prochain par des calomnies et des médisances. Il avait fait écrire sur les murs de sa salle à manger^ en gros caractère, les vers suivants :
QCISQUTS AMAT DICTIS ABSE!TTira RODERE FAMAM HANC MENSAM VETITAM NOVKRIT E35E SIBI.
Que celui qui aime à flétrir la réputation des absents, Sache que celte table lui est interdite.
Malgré ces précautions, un des conviés s'étant un jour oublié à ce sujet, saint Augustin se leva aussitôt, lui fit de sévères reproches, et fut sur le point de se retirer dans ime chambre voisine {Possid. Vita. S. Augustin.).
SENTENCES ET COMP.\Il-\ISOXS.
a. a Celui qui médit en secret, est comme le serpent qui mord sans faire de bruit » {Pred. 10. 11.).
i. Un saint abbé répétait couvent à ses ermites: « De même que le serpent, par ses paroles empoisonnées, s'est non-seulement attiré la malédiction de Dieu, mais a encore chassé Eve du paradis, de même, celui qui parle mal de son prochain perd non-seulement son âme, mais encore celle de celui qui l'écoute » {Rufîn. Vit. Patr.).
c. « Une langue calomniatrice est le glaive le plus meurtrier ; d'un seul coup elle porte trois blessures ; la première au calomniateur lui-même, la seconde à celui qui l'enten 1, la troisième enfin à celui qu'elle calomnie » {S . BcTii. t. 2. Serm. -20.).
410 CATÉCIITS^IE mSTORIOUE.
d. « Le calomniateur et celui qui l'écoute sont possédés tous deux du démon de la discorde ; l'un le porte sur la langue, l'autre dans Toreille » (>S'. Bernard. tvm. 2. serm. 23.).
e. « Les flèches du calomniateur sont celles qui ont la plus grande portée, car elles atteignent même les personnes les plus éloignées » {Idem.). — Ce n'est donc pas ici le cas de faire l'application de ce proverbe : « Eloignez- vous et vous serez à couvert des coups ! » Aucun endroit n'est à Tabri des traits empoisonnés de la calomnie !
/. Comme on demandait au poète grec Théocrite, quels étaient les animaux qu'il considérait comme les plus rapaces, il fit cette remarquable réponse : a Dans les forêts et les montagnes, ce sont les lions et les ours ; dans les villages et les villes, les usuriers et les calomniateurs » [Arist. 1. 7. anim. c. 4.).
g. a Celui qui calomnie montre d'abord qu'il n'a nul amour du prochain, en second lieu il fait voir qu'il veut encore le ravir à ceux qui l'écoutent » {S. Bern. Serm. !24. in Cant.).
h. De même que les araignées filent elles-mêmes leur toile pour s'en servir comme d'un lacet pour prendre les autres insectes, ainsi les calomniateurs ourdissent eux-mêmes la trame de leurs impostures, et s'en servent pour uoiixir la réputation de leurs semblables.