‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 199 sur 306 · PARTIE III. CnAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CnAPITRE II

désordres, faisait tous ses efforts pour tâcher de découvrir la cause de ces scènes scandaleuses. Après de longes recherches, il découvrit enfin que la cau^e de ces dissensions provenait de certaines médisances sorties de la bouche d'un étranger qui. Tannée précédente, avait habité le village. Cet homme n'avait pas de plus grande récréation que d'entrer dans toutes les confidences, de se mêler à tous les cancans, qui, d'ordinaire, sont si nombreux dans cette classe de la société. Rien de plus pressé pour lui que de reporter dans une maison ce qu'il avait entendu dans une autre, et ainsi de suite. En cela, il jouait admii^ablement son rôle. « Je ne devrais pas le dire, ajoutait-il, avec un air de discrétion affecté; mais, là-dessus, bouche cousue, j'espère que vous ne me trahirez pas, j*en serais fâché. C'est donc bien sous réserve du secret le plus inviolable que je vais vous dirô ce qu'on pense de vous dans telle ou telle maison. Mais non ! mieux vaut se taire, je vous fâcherais, et cela pourrait vous nuire. » Naturellement, un début aussi piquant devait nécessairement stimuler la curiosité des auditeurs; aussi, les instances redoublaient-elles; on priait, on conjurait, on protestait le plus solennellement possible de garder un silence éternel, et notre homme finissait par conter ses étonnantes découvertes. Comme on le comprend aisément, il ne s'en tenait pas à ce simple exposé des faits, les gens de cette espèce aiment à mettre à profit les ressources de leur imagination; et notre homme, qui poussait â un haut degré le talejit de l'invention s'en acquittaità merveille. Pendant son récit, il souriait d'un air de satisfaction ; mais lorsqu'il s'apercevait que SOS audit<Mirs pri-naient l'-ifiaire trop au scrieiu et paiaissuieut indi^^ues^ il ajoutait : a JN'iilicz

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pas croire que, moi, j'aie ajouté, toi à toutes ces fari- Loies, je vous crois trop honnêtes; mais enfin, je vous le répète {wie gesagt), on parle de vaus dans telle maison. Ne me compromettez pas ! » — C'est ainsi que dans quelques mois cet homme était parvenu à jeter le trouble et la confusion dans tout un village, et Tavait transformé en un véritable enfer. Après y avoir longtemps réfléchi, voici le moyen que prit le curé poiu* tâcher de tarir la source de tant de maux: Un dimanche, il fit venir chez lui tous les pères de famille, leur rappela ces temps heureux où la paix et la charité chrétienne régnaient dans la paroisse, et finit par leur demander s'ils connaissaient quelle était la cause des troubles publics qui avaient désolé si longtemps cette localité, les paysans se turent et attendirent impatiemment la réponse du curé, a II n'y a qu'un seul ennemi qui ait fait de vous de si nombreux ennemis, qu'un seul démon qui ait semé toute cette ivraie : cet ennemi, ce démon, c'est le marchand de fruits ! » Ces explications données, le curé se mit à leur demander à chacun en particulier les griefs qu'ils avaient contre leur voisin. Et, chaque fois, on lui répondait que c'étaient des médisances qui avaient été faites dans la maison voisine. Et quand il demandait quelle était la personne qui, la première, avait avancé tel propos, on répondait: « C'est le marchand de fruits! » Ces dévelo[)poments ouvrirent enfin les yeux aux paysans, ils se firent part mutuellement des griefs qui les animaient les uns contre les autres, et bientôt il fut établi clairement que c'était le marchand <le fruits qui, j>ar ses faux rnpports et ses mensonges, avait tout mis en dt-sarroi. En ce moment, le curé ayant regardé par la fenêtre, il vit passer le

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