‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 200 sur 306 · Î'ARTIE UI. CHÀFITRE II · texte numérisé non relu

Î'ARTIE UI. CHÀFITRE II

fruitier ; il lui fit signe de passer pour quelques moments au presbytère. Ne soupçonnant guère de quoi il s'agissait, et se sentant plutôt flatté d'avoir été invité par monsieur le curé, il ne manqua pas à l'invitation. Mais, comment exprimer rindismation que souleva sa présence parmi les assistants ? Vingt questions lui arrivèrent à la fois de tous côtés, a Vaurien, disait l'un, quand ai- je mal parlé de mon voisin? — Comment osestu, s'exclamait un autre, me prêter d'aussi infâmes discours? — Archi-mauvais sujet, reprenait un troisième, tu ne rougis pas de soutenir encore en ce moment que tu as publié que j'avais volé du foin dans la grange de mon voisin? » Telles étaient les questions que l'on adressait pêle-mêle au fruitier. « Tu es beureux, lui criaient quelques-uns, de te trouver en sirespectable compagnie, sinon, il y aurait pitié à toi ! » Le fruitier, qui en ce moment avait oublié toute sa rbétorique, voulut balbutier quelques excuses, mais on le somma de se taire. Il fat alors question de s'entendre sur ce qu'il y aurait à faire au sujet de ce perturbateur de la tranquillité. La plupart des assistants opinèrent pour les moyens violents; quelques-uns voulaient qu'on le marquât au front d'un fer rouge; d'autres étaient d'avis qu'il n'y avait que les coups de bâton qui pussent le guérir de sa maladie. Mais le pasteur prenant la parole, repoussa tous ces remèdes. — Le medleur de tous, dit-il, cii élevant la voix, c'est celui que nous propose l'Ecriture sainte eUe-mème. Il est dit dans les Proverbes de Salomon : « Quand il n'y aura plus de bois, le feu s'éteindra; et, aussi, quand il n'y aura plus de semeur de rapports, les querelle's s'apaiseront. » (26, 20). Suivez ce conseil, mes vertueux amis, il ne vous estpus permis

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de rendre le mal pour le mal; ce qui vous est permis, c'est de chasser de votre commune cet homme, qui d'ailleurs ne lui appartient pas, et s'en est rendu tout-à-fait indigne. — Ce conseil fut approuvé à l'unanimité ; il fut signifié au fruitier d'abandonner la commune dans Tespace de vingt-quatre heures, terme qu'il se garda bien de dépasser, car il craignait, avec raison, que si les habitaats venaient àse concerter, ils n'employassent des moyens plus violents pour se venger des mille désagréments qu'il leur avait occasionnés par son malheureux penchant à la médisance {Der Beolact.].

Nous pouvons ajouter, sous forme de conclusion, à l'histoire que nous venons de raconter ces paroles de l'Ecclésiaste (5, 16 et 28, 45, etc.) : a Evitez de passer pour un semeur de faux rapports, et que Totre langue ne vous devienne pas un piège, c'est-à-dire un sujet de confusion. — Celui qui médit en secret, ou l'iiomme à deux langues sera maudit, parce qu'il jette le trouble parmi ceux qui vivaient^en paix. — La langue d'un tiers en a renversé plusieurs; — elle a détruit les villes fortes, elle a fait tomber les maisons des grands, défait les peuples les plus vaillants. — Bouchez vos oreilles avec des épines et n'écoutez point la raécliante langue, mettez à votre bouche une porte et des serrures. »

B. Que nous commande le huitième commandement?

i. La Vérité et la Sincérité.

Job, au milieu de ses soullVances, s'écriait : 0 Je prends à témoin le Dieu vivant qui m'a ôté tout moyen de justifier mon innocence, et le Tout-Puissant qui a rempli mon âme d'amertume, que tant quo

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