PARTIE m. CHAPITRE II
toute espèce de relation avec les corrupteurs de la vérité. Comme saint Jean se disposait à prendre un bain^ il s'enfuit aussitôt, dès qu'il apprit que Thérétique Cérintlie se baignait dans la même maison^ en disant qu'il craignait que la maison ne s'écroulât à cause de la présence de ce méchant homme {S. Irœn. 1. 3, c. 3).
ce. Saint Polycarpe ayant un jour rencontré Thérétique Marcion, ce dernier lui dit : — « Me connaissezvous ?» — ((Eh ! sans doute ! » répondit Polycarpe ; 0 je te connais poiu? être le premier-né de Satan, » et il partit (Bid.).
dd. L'abbé Isaïe disait à ses moines : a Si vous trouvez un livre (jui ait la réputation d'être écrit dans un sens hérétique, gardez- vous bien delehre, afin de ne pas remplir votre cœur d'un poison mortel ; attachez-vous plutôt inébranlablement à la doctrine que vous avez apprise de la sainte Eglise, de telle sorte que' vous n'y ajoutiez et n'en retranchiez rien. » [Isa'ias, abb., or. 4).
ee. Tandis que tout le monde courait adorer le veau d'or que le roi Jéroboam avait fait construire, un seul jeime homme, Tobie, fuyait la société de ces insensés et se rendait au temple de Jérusalem, consacré au vrai Dieu. Quel bel exemple pour la jeunesse, qui se prosterne si volontiers devant les dieux du siècle, et court avec tant de plaisir après les fausses joies de la terre ! {Toi). 1).
c. Exercez néanmoins la charité envers les hérétiques.
aa. Les Juifs haïssaient les Samaritains, et ceux-ci de leur côté détestaient les Juifs. C'est pour cela que, lors du voyage du Sauveur à Jérusalem, il ne fut ac-
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cueilli dans aucun village samaritain. Témoins de cela, les .apôtres Jacques et Jean lui dirent : « Seigneur, voulez-vous que nous commandions que le feu descende du ciel et qu'il les dévore? » Mais Jésus leur reprocha un pareil langage, et leur dit : « Vous ne savez pas à quel esprit vous êtes appelés. Le Fils de l'homme n'est pas venu pour perdre les hommes, mais pour les sauver. » [Uic, 9, 54).
Ce Samaritain que le Seigneur représentait comme un modèle de charité envers le prochain ne pressait pas longtemps les malheureux pour leur faire avouer de quelle religion ils étaient, mais il se hàlait de leur prêter secours, parce qu'il savait qu'ils en avaient besoin. — Le Sauveur lui-même vint au secours de la Chananéenne, et rendit la santé à sa fdlc. — Il exauça également le centenier païen et guérit son serviteur.
hd. Lorsque l'empereur Maxime poursuivait les Priscillianistesavec le feu etle glaive, et qu'il allaitenvoyer toute une armée en Italie pour rechercher les hérétiques, s'emparer de leurs biens et les faire mourir, saint Martin, évèque de Tours, se rendit précipitamment au camp de l'empereur, à Trente, et tâcha de lui persuader d'avoir plutôt recours à la douceur qu'à la sévérité [F leur y. Ilist. eccl. tom. 4).
ce. L'empereur Michel Rhangabe suscita une persécution sanglante aux Pauliciens, secte manichéenne : plusieurs furent exécutés. Mais le patriarche Nicéphore s'opposa anssitôt à cette sévérité outrée et déclara au monarqne qu'il fallait laisser aux égarés le temps de faire pénitence, et s'eiïorcer plutôt de les retirer de l'erreur en les instruisant et en les traitant avec bienvoillau^c, persuadé qu'il était que c'était le meilleur