PARTIE in. CHAPITRE H
j'aiirai un souffle de vie^ et que Dieu me laissera Tair que je respire, mes lèvres ne prononceront rien d'injuste et ma langue ne dii^a point de mensonge. » {Joi, 27, 3 et 4.).
Bien qu'il dût être pénible au grand-prêtre Héli de faire part au jeune Samuel du châtiment que Dieu lui réservait, il n'eut garde cependant de se taire, et lui dit tout ce qu'il avait entendu sans lui rien cacher (1. RM, 3, 18). — Eléazar ne voulut point recourir au mensonge afin de sauver ses jours, mais il préféra mourir martyr de la loi et de la vérité (1" vol. p. 22).
Le Sauveur lui-même nous a donné un magnifique exemple de l'amour que nous devons avoir pour la vérité. Il pouvait à Lon droit dire à ses ennemis : « Quel est celui d'entre vous qui me convaincra d'un seul péché? » {Jean, 8, 46.) Les paroles qui suivent démontrent clairement qu'en parlant de la sorte, il faisait allusion au mensonge, car il ajoute : « Si je vous dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas? » C'était précisément cet amour ardent de la vérité qui le faisait haïr des Pharisiens, eux, dont la vie tout entière n'était cpi'un tissu de fourberies et de mensonges. Bien différentes étaient les dispositions de Jésus envers Nathanaël, dont il rendit le plus beau témoignage {Jean, 1, 48). « Voici, dit-il, un vrai Israélite sans déguiso ment et sans artifice. »
h. Gomme on s'efforçait, par tous les moyens, de persuader à saint Lucien de renier sa foi et de retourner au paganisme, il répondit courageusement: « Mentir n'est pas mon affaire. » — Ph'it à Dieu que tout curétien put se rendre le même tcmoiijuaye l ijjuhiu BcbL II. 311.)
c. Saint Chrysostôme s'étant senti d'heureuses dispositions pour l'art de la parole, était entré dans le barreau ; mais il ne tarda pas à s'apercevoir que cet état ne lui convenait pas. Son vif amour de la vérité ne lui permettait pas d'avoir recoiu's aux mille sul>tilités qui, dans l'esprit des juges, ont souvent plus d'importance que le simple exposé des faits et des moyens de la défense. Il renonça donc à un emploi exercé par des hommes qui, tout en paraissant s'occuper uniquement du triomphe de la justice, méconnaissaient les sublimes devoirs de leur ministère et parvenaient à faire réussir les causes les plus injustes {Stolh., R. G. B. 13).
d. Saint Jean de Kent alla trois fois à Rome, en portant sa valise sur son dos. Dans un de ces voyages, il fut attaqué par des brigands qui lui enlevèrent tout ce qu'ils purent trouver sur lui. Après l'avoir fouillé exactement, ils lui demandèrent sïl ne possédait plus rien qui valût la peine d'être volé ! Sur la réponse négative du saint, on le laissa continuer sa route. Mais à peine avait-il fait quelques pas, qu'il se rappela qu'il lui restait encore quelques pièces eu or cousues dans son manteau. Aussitôt il courut après les voleurs, pour leur dire qu'il n'avait pas dit la vérité et il leur oflrit ces quelques pièces d'or. Les brigands, étonnés d'une telle délicatesse de conscience, refusèrent non-seulement de les accepter, mais lui rendirent encore tout ce qu'ils lui avaient volé ! {Gvil. Explication.).
e. Dès son enfance, saint François de Sales ressentit une grande horreur pour toute espèce de mensonge. Lui arivait-il <le commettre qr.elqu»^ faute légère, ce qui était bien rare, jamais il iic le cachait; il aimait