‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 202 sur 306 · PARTIE III. CnAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CnAPITRE II

mieux être puni par ses parents, que d'échapper au châtiment par ce qu'on a coutume d'appeler du nom de mensonge nécessaire [Sa xle),

f. Georges Washington, devenu phis tard président des Etats libres de l'Amérique septentrionale, ayant reçu en présent, à Tàge de six ans, un-e petite hache avec laquelle il coupait tout ce qui tombait sous sa main , un jour, il avait dépouillé de son écorce un magnifique cerisier anglais qu'à son aspect on jugeait devoir infailliblement sécher. Le lendemain, son père s'étant aperçu de ce dégât, il demanda avec l'accent de la colère, quel en était l'auteur, ajoutant qu'il préférerait avoir perdu cinq guiuées que cet arbre. Mais personne ne put lui en découvrir rauteiu?. Enfin, le petit Georges étant entré un jour dans le jardin avec sa hache, et son père l'ayant aperçu, il devina aussitôt qu'il pourrait bien être le coupable, et lui demanda s'il ne savait pas qui avait coupé le cerisier ? — L'enfant hésita un instant, après quoi il répondit : « Je ne puis mentir, mon père, impossible de ne point vous dire la vérité ; c'est moi qui me suis amusé à le couper avec ma hache. » A cet aveu si plein de franchise^ le vieux Washington sentit expirer sa colère : « Viens, dit-il en appelant son enfant, viens que je te presse dans mes bras, la sincérité avec laquelle tu confesses ta faute compense au centuple la perte de mon cerisier. Je fais plus de cas de ta franchise que de mille cerisiers, fassent-ils chargés des plus beaux fruits. »— Plus tard, on a reconnu également que cet homme célèbre était incapable de blesser la vérité par le plu3 léger mensonge [Muach. Jugemlbibl. h. 25. S. 81).

h. Les excmi)lcs suivants serviront à démontrer que

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dans certaines circonstances graves, alors qu'il serait dangereux de dire la vérité, il est permis de la taire au moyen de réponses évasives.

aa. Lorsque Acace, évèque d'Antioche, reçut ordre du consul Marins de lui donner la liste des noms de tous les chrétiens, il répondit : « C'est Dieu et non pas moi qui suis leur maitre ; leurs noms sont écrits dans le livre de vie. » Rien ne fut capable de lui arracher une révélation qui eût été de nature à compromettre les chrétiens. C'est ainsi qu'agissaient les saints martyrs, lorsqu'on les exhortait à trahir leurs frères (Ber. Berc. 2).

hb. Saint Jean Népomucène nous offre, par sa résistance héroïque aux sollicitations de l'empereur Wenceslas, un bel exemple à imiter, en matière de discrétion. Le saint revenant un jour de faire ses dévotions fut aperçu par l'empereur qui, en ce moment, regardait par une des fenêtres de son palais. Il ordonne qu'à l'heure même on le lui amène, et sans lui donner le temps de se reconnaître, il lui dit brusquement qu'il n'a qu'à opter entre mourir ou révéler la confession de l'impératrice. Le saint ne répondit rien, mais son silence était assez expressif pour donner à entendre qiie sur ce point il serait inébranlable. Alors Wenceslas, ne gardant plus de mesure, s'écria : a Qu'on m'ôte cet homme de devant les yeux, et qu'on le jette dans la rivière aussitôt que les ténèbres seront assez épaisses, poiu* dérober au peuple la connaissance de cette exécution. » Jean Népomucène employa" le peu d'heures qui lui restaient à se pn-parer à son sacrifice. On le précipita, pieds et mains liés, dans la Moldaw, de dessus le pont qui joint la grande et la petite Prague.

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