‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 204 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

dans ranti-chambre qu'il lui fût permis d'être admis auprès du monarque^ entendit, à côté de lui, plusieurs coiu'tisans qui se permettaient des discours très-choquants sur une personne absente. Animé d'une sainte indignation, le saint s'avança près d'eux et leur tint ce langage : « Cessez, messieurs, de proférer des calomnies aussi outrageantes; cessez de repaître votre langue du déshonneur qu'elle inflige à une personne absente, sinon, je m'éloignerai, et vous irez annoncer à Sa Majesté pour quel motif je n'ai pu attendre d'être admis en audience. » A ces paroles, les courtisans restèrent frappés d'une muette stupeur ; mais un officier supérieur qui se trouvait présent et qui approuvait le langage du saint, s'écria d'un ton approbatif : « En vérité, voilà un vrai religieux ! car partout où il se trouve, il est toujours égal à lui-même, et ne craint pas, même sur le pavé glissant de la cour, de prendre hardiment la défense de ceux dont on blesse l'honneur » [Lohn. Bibl. I, 515.).

/. Thomas Morus, chancelier d'Angleterre, avait tellement en aversion les calomniateurs et les mauvaises langues que, quand on se permettait eu sa présence de médire des absents, il changeait aussitôt. de conversation. « Quoi qu'on en dise, disait-il souvent, voilà une maison admirablement construite, je prétends que l'architecte est un des hommes les plus versés dans l'art de l'architecture. » Les auditeurs comprenaient ce signal et interrompaient leurs coupables discours {Ihid.).

g. L'empereur Constantin avait coutume de dire que s'il voyait un prince de l'Eglise commettre un pérhc en public, il le couvrirait aussitôt de son manteau.

-i-ÎS CATÉCHISME UISTORIQUE.

pour empêcher que les regards des assistants n'en fussent scandalisés (Baron, tom. 3. ad ann. 325.). — Que n'agit-on de même à Tégard des fautes de ses semblables ? Pourquoi ne couvre-t-on pas du manteau du secret les défauts que l'on connaît ? Assurément, cette sage conduite empêcherait bien des médisances et des scandales.

h. Une des qualités principales d'un ancien ermite, qui avait nom Machetes, était qu'il prêtait une oreille attentive toutes les fois qu'il entendait une conversation édifiante; mais à peine quelqu'un se permettait-il de dire du mal de son prochain, qu'il fermait les yeux et s'endormait [Ibid.),

i. Saint François, le Séraphique, entendant un jour quelqu'un de sa maison attaquer violemment l'honneriT d'une autre personne, il dit à son vicaire : « Levezvous, mon père, et examinez sérieusement l'affaire. Si l'accusé est innocent, punissez le coupable d'une manière exemplaire, afin que son châtiment profite aux autres. » Plus tard, le saint fut d'avis qu'on dépouillât de l'habit de l'ordre le frère qui se serait oublié sur ce point, puisqu'il ne craignait pas de flétrir et de déchirer avec sa mauvaise langue la robe de l'honneur de ses semblables {S. Bonav. in vit. S. Franc, c. 8.).

C'est ici le lieu de rapporter ces paroles de l'Ecriture sainte {Prov. 25, 23.) : a Le vent du Nord dissipe la pluie; et le visage triste, la langue médisante, n Paroles que saint Jérôme commente ainsi : « Si vous écoutez le médisant avec un visage serein, vous enflammez sa passion ; que si, au coi. traire, vous l'écoutcz avec nu visage triste, il ne médira plus volontiers, parce qu'il verra que vous ne l'écoutcz pas avec plaisir, d

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