‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 206 sur 306 · PAHTIE III. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PAHTIE III. CHAPITRE II

Le huitième commandement nous ordonne enfin :

3° De -mettre un frein à, 'notre lanrjue.

a. L'Ecriture sainte nous en fait voir la nécessité dans une foule de passages. Ainsi^ David dit au psaume 38;, 2 : 0 J'observerai avec soin mes voies ^ afm que je ne pèche point par ma langue. J'ai mis une garde à ma bouche dans le temps que le pécheur s'élevait contre moi. » n est dit également dans les Proverbes (10, 19) : a Les longs discours ne seront point exempts de péché; mais celui qui est modéré dans ses paroles est trèsprudent, » et plus loin (21, 23) : « Celui qui garde sa bouche et sa langue, garde son âme des plus pressantes afflictions. » Ailleurs il est dit encore (25, 28j : « Celui qui, en parlant, ne peut retenir son esprit, est comme une ville toute ouverte qui n'est point environnée de murailles. » — Nous lisons dans FEcclésiaste (9, 25) : « Le grand parleur sera terrible dans sa ville , et Thomme, précipité dans ses discours, sera haï; » et plus loin (21, 25) : « Le fou montrera sa folie en écoutant par une porte ; mais cette bassesse sera insupportable 4 l'homme prudent. Le cœur des insensés est dans leur bouche, et la bouche des sages est dans leur cœur. » — Saint Jacques s'élève avec une véhémence toute particulière contre les indiscrets et les grands parleurs (1, 26 et 3, 2, 5, etc.) : « Si quelqu'un d'entre vous, dit-il, croit avoir de la religion, et qu'il ne retienne pas sa langue, comme avec un frein, mais que lui-même séduise son cœur, sa religion est vaine. Que si quelqu'un ne fait point de faute eu parlant, c'est un homme parfait, et il peut tenir en Ijridc tout le corps. La langue u\\st qu'une fail)le partie du corps, et cependant combien puul-cLe se sauter do faire de grandes

choses? Ne voyez-vous pas comment im petit feu est capable d'allumer une grande forêt. La langue est aussi un feu. C'est tout un monde d'iniquités. Et n'étant qu'un de nos membres^ elle infecte tout notre corps ; elle enflamme tout le cercle et tout le cours de notre vie , et est enflammée du feu de l'enfer. Car la nature de l'homme est capable de dompter, et a dompté, en efî'et, toutes sortes d'animaux, les bêtes de la terre, les oiseaux, les reptiles. Mais nul homme ne peut dompter la langue. C'est un mal inquiet et intraitable. Elle est pleine d'un venin mortel. Par elle, nous bénissons Dieu , notre Père , et par elle , nous maudissons les hommes qui sont créé? à l'image de Dieu , de sorte que la bénédiction et la malédiction partent de la même bouche. Ce n'est point ainsi, mes frères, qu'il faut agir. Une fontaine jette-t-elle, par une même ouverture^ de l'eau douce et de l'eau arnère ? Un figuier peut-il porter des raisins, ou une vigne des figues ? » La sainte Vierge suivait avec fidélité les salutaires enseignements que nous donne l'Ecriture sur cette matière. Saint Bernard fait la remarque que les Evangiles ne parlent que de quatre circonstances où elle ait pris la parole, savoir : lors de la salutation de l'ange ; lorsqu'elle se trouva en présence d'Elisabeth; lorsqu'elle eut retrouvé l'enfant Jésus au Temple, et aux noces de Cana. — Saint Luc, rapportant les paroles des bergers auprès de la crèche, ajoute, en parlant de l'amour de la discrétion qui caractérisait Marie (2, 10) : « Or, Marie conservait toutes ces choses, les repassait dans son cœur, » et au verset 51, il est dit également au sujet de la réponse que lui fit l'enfant Jésus : (( Sa mère conservait dans sou cœur toutes ces

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