PARTIE HT. CnAPITRE II
bientôt son âme en proie aux pensées et aux désirs corrompus. C'est donc sur les yeux qu'il importe d'exercer la plus grande vigilance {S. Greg., 1. 21. Moral) .
b. Saint Thomas^ quoique dégagé de toute affection et pensée impures, s'appliquait avec soin à reprimer la convoitise de ses yeux ; il disait souvent : Si David eût exercé une vigilance plus exacte sur ses regards,, il n'aurait pas eu une chute si profonde à déplorer. »
c. Saint Louis de Gonzague^ jeune homme d'une pureté tout angéhque, craignait tellement que ses yeux ne fussent pour lui une occasion de scandale, qu'il n'osait pas même regarder à la figure les personnes du sexe de sa famille. Il répétait souvent ces paroles de saint Augustin (m Psalm. 41) : « Les yeux sont, à la vérité, des parties et des membres du corps; mais ils sont aussi les fenêtres de lame. » {Idid. 591).
d. Xénophon raconte que Lycurgue, célèbre législateur de Sparte, voulant inspirer aux jeunes gens Tamour de la modestie, leur avait ordonné, lorsqu'ils passeraient dans les rues de la ville, de fermer entièrement leurs habits et de baisser les yeux, sans regarder ni à gauche ni à droite, mais ayant constamment les regards fixés sur ce qui se trouvait devant eux {Liv. 1, 9, c. 8).
e. Lorsque Panthéa, l'épouse du roi des Scythes, Astradate, femme remarquable par sa beauté, fut devenue captive de Gyrus, roi de Perse ce dernier ne voulut jamais qu'on la fit paraître en sa présence, quels que fussent les éloges qu'on lui fit de sa beauté. « Les yeux, disait-il, sont des traîtres dangereux; de vainqueur aujourd'hui et souverain indépendant, je pouriais, par
AAO CATÉCniSlIE HISTORIQUE.
leur finesse, être vaincu et réduit à la condition iVim esclave. » {Lohn. Bibl. ii, 592).
/. 11 arrivait souvent à l'empereur Charleraaçne de fermer sa fenêtre et de tirer ses rideaux, afin de ne pas être exposé à la tentation en voyant passer sur la rue des personnes du sexe élégamment parées {Ihid. 592).
g. Lorsque le père de saint Clirysantlie apprit que son fils s'était fait chrétien, il craignit que le gouverneur païen ne se servit de ce prétexte pour lui enlever nonseulement son propre fils, mais encore sa fortune. Il employa donc les moyens les plus sévères pour lui faire abandonner le christianisme. Un de ses amis lui donna l'infernal conseil d'ébranler la foi de Chrysanthe en cherchant à lui susciter des tentations contre la pureté, car, ajouta-t-il, lorsqu'il aura perdu la chasteté, il ne s'inquiétera plus guère de sa foi. On suivit ce conseil, et l'on eut recours aux personnes les plus corrompues pour essayer de porter atteinte à la pudeur du jeune homme. Toutefois, il resta ferme contre les séductions de la volupté, et s'arma d'un bouclier impénétrable aux attaques du déndon, c'est-à-dire de la prière. « Seigneur, s'écriait-il dans sa détresse, venez à mon secours ! Sauvez-moi, sinon je péris. » C'est par ces élans du cœur et ces cris d'une vive résignation à la volonté de Dieu, qu'il eut la force de surmonter toutes les tentations auxquelles sa vertu fut mise à l'épreuve (Ihid. 211).
A. Le roi Alfred-le-Grand se levait souvent à minuit et se rendait secrètement à l'église, même pendant les hivers les plus rigoureux. Il s'agenouillait sur le pa*^é, et, adressant à Dieu de ferventes prières, le conjurait de vouloir bien calmer le teu de ses passions impures et