PARTIE m. CHAPITRE II. A'A
dompter sa chair qui se révoltait contre Tesprit {Ber, Derc. K. G. B. 9).
i. Le père Alexandre de Rhodes, missionnaire en Cochiuchine, raconte que dès que les chrétiens nouvellement convertis sentaient en eux quelque mouvement impur, ils mettaient un de leurs doigts au feu ou à la chandelle et se disaient à eux-mêmes : « Voyez si vous pourrez endurer un jour le feu de l'enfer et du purgatoire, dans le cas que vous veniez à succomber à la tentation. » C'est ainsi que, par les tourments auxquels ils se soumettaient, ils parvenaient facilement à réprimer les plaisirs de la chair et s'habituaient par la pensée des supplices de Tautre monde à éloigner toute pensée contraire à Taimable vertu {Nach Herlsfs Fxempelb. n, 783).
k. Les saints se servaient de moyens très-^àolents pour combattre les mauvaises pensées. — Bien qu'il ne faille pas absolument les imiter en cela, cependant leur exemple doit nous encourager à en employer de moins rigoureux, et à recourir avec empressement à tous les remèdes avoués par la prudence chi^étienne, lorsqu'il s'agit de lutter contre les tentations. Lorsque saint François le Séraphique était tourmenté par de violentes tentations d'impureté, il plaçait des charbons ardents sur le plancher et se couchait dessus après s'être entièrement déshabillé. C'est ainsi qu'il éteignait par le feu matériel la flamme de ses mauvais désirs [Chronic, Minor., t. 4, c. 04.).
/. Saint Benoit, eflrayé de la grande dépravation de mœurs qui régnait à Rome parmi la jeunesse, quitta cotte ville et se retira dnns un lieu nommé Subl;«r. à quaiaute milles de Rome, oii il s'enferma dans une
caverne fort étroite. Cependant, quoique éloigné du monde, il ne fut pas exempt de tentations, car plus d'une fois il hésita s'il ne quitterait pas sa solitude pour se livrer de nouveau aux jouissances du siècle. Il combattit cette tentation de toutes ses forces ; mais les attaques renaissaient plus fortes que jamais, lorsqu'un jour, ayant aperçu près de sa grotte un épais buisson, il ôta ses vêtements et s'étendit au milieu des ronces et des épines. Il y resta jusqu'à ce que son corps ne fût plus qu'une plaie immense qui lui occasionna les plus vives douleurs. Le courage qu'il déploya alors le délivra entièrement des tentations d'impureté {Grcg. M. in Vit. S. Bened.).
m. Saint Martinien, qui vivait en ermite dans la Palestine, et qui pendant vingt-cinq ans avait mené une vie très-austère, sentit tout-à-coup naître en lui de violentes tentations. Déjà il était sm* le point de succomber, lorsqu'il alluma un grand feu et y mit s-^s pieds. Au milieu des tourments atroces qu'il endurait, il s'écriait : c( Hélas ! si je ne puis supporter d'aussi faibles douleurs, comment endurerais-je le feu de l'enfer que j'aurais mérité en succombant à la tentation » {Baillet, Vit. Sanct.) ?
n. Pendant que saint Bernard, abbé de Clairvaux, vivait encore au milieu du monde, il lui arriva un jour, quoique déjà à cette époque il estimât la chasteté pardessus toutes choses, de regarder trop attentivement une personne du sexe, et de se sentir tourmenté par des désirs contraires à la puroté. Aussitôt il alla, pour s'en punir, se plonger dans un étang voisin dont l'eau était comme glacée, et y demeura jusqu'à ce qu'il eût éteint la dernière étincelle du feu impur dont il avait