PARTIE III. CHAPITRE II
rGs;?enti qnelqiie irapression. Depuis ce temps-là^ il fit un pacte avec ses yeux de ne jamais regarder en face une personne du sexe {Ber. Berc. K. G. B. 11.).
0. Pendant la persécution del' chrétiens, sous Tempereur Dèce, saint Jérôme raconte qu'un jeune homme nommé Nicétas, encore dans la vigueur de Tàge, fut mené par ordre du juge dans un jardin délicieux, entre les lis et les roses, près d'un ruisseau qui coulait avec un doux murmure, et darbres que le vent agitait mollement. Là on rétendit sur un lit de plume, où après l'avoir attaché avec des liens de soie, on le laissa seul. Puis on fit venir une jeune coiu'tisane qui se mit à l'embrasser et à le solliciter au crime avec toute l'impudence imaginable. Le martyr, ne sachant plus comment résister aux attaques de la volupté, se coupa la langue avec les dents et la cracha au visage de cette infâme. — Quoique ce genre de défense ne soit pas précisément à recommander, il ne sert pas moins à notre confusion, nous qui nous plaisons si souvent à nous excuser sur notre fragilité du peu d'énergie que nous déployons au moment de la tentation {Ber, Berc. 2.).
p. Saint Augustin écrit : « Je m'imaginais qu'on pouvait vivre dans la continence par les seules forces de la nature, et moi je me sentais trop faible. Insensé! j'ignorais que personne ne peut élre chaste, si vous, ô mon Dieu, ne lui en donnez pas la force et la grâce. Cette grâce vous me l'accorderiez aussi, si je frappais à votre porte en gémissant du plus profond de mon coeur, et si je m'abandonnais à vous avec une entière confiance, yi {S. August. Confess., 1. 6, c. 41.).
q. Un religieux se plaignait im jour à son abbé d cire*
tellement tourmenté par des mauvaises pensées et des représentations lubriques, que sa conscience en était fortement troublée. L'abbé le mena en plein air, et lui ordonna de recevoir le vent dans son manteau, et d'empêcher qu'il ne fût agité par le vent. Etonné d'un ordre aussi singulier, le frère répondit que la chose lui était impossible. « Il ne vous est pas plus difficile de recevoir le vent dans votre manteau sans qu'il en soit agité, que d'empêcher tout-à-fait les attaques de la tentation et les assauts des mauvais désirs. Votre unique affaire est de faire en sorte, en leur opposant une constante et énergique résistance, qu'ils ne triomphe de vous. » — Comparaison assurément fort consolante pour les âmes timorées {Lohn. Bibl. i, 366).
T, On raconte au sujet de l'abbesse Sara qu'elle fut pendant treize années tourmentée par les plus violentes tentations contre la pureté. Cependant, jamais elle ne demandait à en être délivrée, mais elle se contentait d'adresser cette prière au Seigneur : a Soigneur, prêtezmoi force et courage ! » Sa prière fut exaucée, et Dieu lui fit la grâce de sortir toujours victorieuse de ses longs combats (Lelen der heil, EinsiedL B. 1. S. 104).
SENTENCES ET COMPARAISONS
a. Ne dites pas : a Nos cœurs sont purs et n'ont aucun mauvais désir, o lorsque néanmoins la curiosité et la convoitise sont dans vos regards, car la convoitise des yeux trahit celle de Tàme. Les yeux sont les messagers muets mais intelligents de l'àme impure (S, At^ (jii^'i, in Rcg.),