PARTIE m. CHAPITRE lîî. Aol
de trois églises on choisissait trois autels, et, comme daus la plupart des paroisses il n'y avait qu'un prêtre, Tusage fut établi que chaque prêtre dirait trois messes dans sa propre église.
à. Circoncision. — Autrefois le premier janvier était particuhèrement consacré à des divertissements criminels. Cet usage venait des anciens Romains qui en faisaient une fête des plus scandaleuses en l'honneur de Janus. Pour en éloigner les chrétiens, les premiers évêques prêchaient la pénitence, le premier janvier, comme nous le voyons par les sermons de saint Augustin (serm. -198) et de saint Ambroise [serm. 7) qui nous sont parvenus. On établit aussi des processions et des jeîmes. Ainsi, dans le principe, le premier janvier fut un jour de pénitence et de jeime. Ce n'est que vers la fin du quatrième siècle qu'il a commencé à devenir véritablement un jour de fête et de joie, à cause de rOctave de la Nativité de Jésus-Christ et du jour de sa Circoncision. En France, il n'a été connu que dans le sixième siècle, comme on le voit par le deuxième concile de Tours {Can. 17).
c. FpipJianie. — Cette fête appartient aux plus anciennes fêtes de l'Eglise; Clément d'Alexandrie [Strom, 4. 1. 1.) en fait déjà mention. Son nom l'Epiphanie vient de ce qu'étant une fête collective, elle est destinée à rappeler la mémoire de plusieurs circoustances de la vie de Jésus-Christ, telles que l'adoration des Mages, le baptême au Jourdain, le premier miracle opéré à Cana. L'Orient a célébré ce jour-là, jusqu'au quatrième siècle, la fête de la Naissance de Jésus-Christ. La veille au soir, on baptisait les catéchumènes en mémoire du baptême de Jésus-Christ. On faisait aussi eu ce jour une solennelle
bénédiction de Teau^ usage qui existe encore aujourd'liui dans Téglise gréco-russe. Cette cérémonie se fait à Saint- Pétersbourg. Chaque année on bénit la Neva, en faisant sur elle des signes de croix et en y jetant des croix et des images. Cette cérémonie achevée, on baptise les enfants et on asperge les malades avec de l'eau du fleuve. Plusieurs s'y baignent ou boivent de son eau {Siœiidlin' s Urchliche Géographie. Ih.. 4. S. 279). — En Occident, cette fête a reçu sa plus haute signification comme Fête des trois Rois. Quant au pays et à la condition des Mages, les opinions sont depuis longtemps fort partagées. On ne trouve aucun vestige de leurs noms avant la fin du douzième siècle {Cf. Bolland. Maji. tom. 1 p. 7). — D'après un ouvrage faussement attribué au vénérable Bède, Melchior était un vieillard aux cheveux blancs et portant une longue barbe; Gaspard, un jeune homme sans barbe et ayant le teint rouge ; Balthasar, brun et fort barbu. Anciennement ils portaient des noms différents de ceux que nous leur connaissons, tels que: Ator, Sator, Parotoras, etc. La légende veut qu'ils aient été baptisés en Perse par un certain Thomas et va jusqu'à en faire des missionnaires. Leurs corps doivent avoir été transportés à Gonstantinople, puis à Milan; et enfin au douzième siècle, à Cologne par Frédéric Barberousse, où ou les montre encore aujourd'hui.
Nous trouvons dans les rites du moyen-âge une imitation des trois rois de l'Orient. Trois enfants, habillé? de soie, la tète ornée de couronnes, et portant des vase? d'or dans leurs mains, s'avançaient lentement devani la porte de l'église, en chantant un cantique latin ana logue à la circonstance. Pendant qu'ils chantaient, ilî