PARTIE III. CHAPITRE lll. Ao
s'approcîiaient de Taiitel, et arrivés là, ils élevaieni successivement leurs vases en disant : Or du premier ! Encens du second ! Myrrhe da troisième ! Puis le premier reprenait : L'or signifie le roi;- le second : Tencens signifie Dieu ; le troisième : la myrrhe, le mortel. Cette cérémonie achevée, Tun d'eux, montrant avec la main une étoile suspendue à la voûte de Téglise, chantait sur un ton élevé : « Yollà le signe du grand roi ! » — Tous trois allaient ensuite à l'offrande, en chantant une antienne appropriée à la cérémonie. Quand Tantienne était terminée, un enfant placé derrière Tantel élevait la voix, voix qui devait figurer celle de Tange, et chantait : a Je vous apporte im message du ciel ! Jésus-Christ, le Sauveur du monde, est né à Bethléem. » Après quoi, les trois enfants retournaient à la sacristie en chantant : « Oui, le Dieu du ciel est né à Bethléem ! » d. Vaques. — Cette fête était , parmi les fêtes des juifs et des chrétiens, la première comme la plus remarquable, puisque son origine remonte au berceau du christianisme. La veille au soir, on baptisait les catéchumènes, afin que les nouveaux baptisés pussent célébrer la résurrection spirituelle avec le Sauveur. — Les saints Pères ont donné à cette fête les noms les plus magnifiques. Saint Léon ( Serm. 9. De resurr. ) l'appelle a une fête d'allégresse , le seul jour véritablement grand. » Aussi il ne faut pas s'étonner que les fidèles aient fait tout leur possible pour contribuer à la magnificence de ce jour. Ils allaient cueillir des fleurs dans les champs, les répandaient à l'entrée des églises, parsemaient les nefs de fleurs odorantes et de verdure, plaçaient sur les autels des drapeaux triomphants, et, lorstjue le lemns des periéculions fat jjacsé^ ils fuiûaicnt
iCÔ CATECHISME IIISTOPJQrE
retentir les voûtes du sanctuaire des accents d'une musique joyeuse et animée; en un mot, ils tâchaient par tous les moyens de rendre la fête aussi splendide que possible.
Le jour de Pâques, dès leur entrée à l'église, les fidèles se donnaient le baiser de paix en disant ces paroles : a Le Seigneur est ressuscité du tombeau ! » — Cette coutume doit encore être en vigueur chez les Grecs. Ensuite commençait la bénédiction des aliments, parmi lesquels figuraient surtout les œufs, dont Tusage avait été défendu pendant le Carême. Avant de commencer la messe, on faisait, dans plusieurs églises, une procession qui partait de la chapelle du sépulcre, d'où Ton emportait le Saint-Sacrement pour le transporter au maître-autel. Tous, prêtres et laïques, étaient obligés d'assister à la messe, pendant laquelle il y avait communion générale. La communion sous les deux espèces était encore usitée à Rome, au quinzième siècle, le jour de Pâques. Toute la semaine de Pâques était, comme le remarquent les Constitutions apostoliques, une semaine fêtée, dans laquelle tout travail servile cessait, ainsi que toute espèce de divertissements bruyants. Au huitième siècle, la fête de Pâques, en Allemagne, était limitée à trois jours, comme on le voit par les Statuts de saint Boniface.
e. Ascension. — S'il faut en croire les anciens Pèrea de l'Eglise, cette fêle est redevable de son institution aux Apôtres eux-mêmes. Les Constitutions apostoliques en font déjà mention (lib. 5, c. 18). Elle était toujours célébrée le quarantième jour après Pâques. Le vénérable 13ède assure {de Locls sanct.,c. 7) qu'autrefois cette fête était célébrée à Jérusalem avec une magnifi-