II
qu'au quatorzième siècle, sons le pontificat de Jean XXII.
h. Fête-Dieu. — Voici quelle est l'histoire de Tinstitution de cette fête : Lorsque le pape Urbain IV était archidiacre de Liège, il connut particulièrement une sainte fille nommée Julienne, religieuse hospitalière à Mont-Cornillon, près une des portes de la ville. Elle eut toute sa vie une dévotion particuhère au Saint- Sacrement, et, dès Tàge de seize ans, toutes les fois qu'elle s'appliquait à Tcraison, il lui semblait voir la lune pleine, mais avec une petite brèche, et cette image se présentait à elle sans qu'elle pût l'empêcher, ce qui dura pendant longtemps. Elle crut que c'était une tentation, et fit beaucoup de prières pour être délivrée. Ensuite elle en demanda la signification, et il lui fut dit intérieurement que la lune signifiait l'Eglise, et la brèche le défaut d'une fête qui devait être célébrée tous es ans pour honorer l'institution du Saint-Sacrement. Il lui fut dit qu'elle devait commencer cette fête, et annoncer la première l'obligation de la célébrer.
Quoique Julienne crût avoir reçu cet ordre de Jésus- Christ même, elle s'en défendit longtemps, sous prétexte qu'une commission de cette importance conviendrait mieux à quelque docteur autorisé dans l'Eglise. Enfin, après plus de vingt ans, elle se rendit, et décou- Vint la chose, premièrement à Jean de Lausanne, chanoine de Saint-Martin de Liège, homme d'une vertu singulière , et le pria de consulter sur ce sujet les meilleurs théologiens, sans la nommer. Jean communiqua le tout à Jacques Pantaléon, alors archidiacre de Liège, depuis pape sous le nom d'Urbain IV, et à plufiicurs hommes savants et vertueux. Ils furent tous d'avis qu'il était jii?to cl ulile à l'Eglise de célébrer