‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 225 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE m · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE m

riustitution du Saint-Sacrement plus solennellement qu'on avait fait jusqu'alors. Julienne^ ainsi rassurée, Qt composer un office du Saint-Sacrement par un religieux.

Le projet do cette fête fut approuvé par Robert de Torote^ évêque de Liège, qui, dans une lettre adressée atout le clergé de son diocèse, en 1246, ordonna que la fête du Saint-Sacrement serait célébrée tous les ans, le jeudi après l'octave de la Trinité. L'année suivante, les chanoines de Saint-Martin célébrèrent les premiers la fête du Saint-Sacrement. Hugues de Saint-Cher, qui, étant provincial des Frères prêcheurs, avait approuvé le projet de cette fête, fut fait cardinal et fut envoyé légat en Allemagne; et, comme il était à Liège, on lui montra l'office du Saint-Sacrement, dont il fut trèscontent. Il voulut même donner l'exemple, et célébra la nouvelle fête à Saint-Martin-du-Mont, où, au milieu d'une grande multitude, il prêcha sur ce sujet. Ensuite, il fit une lettre adressée à tous les prélats et fidèles de sa légation, où il ordonna que la fête du Saint-Sacre • ment serait célébrée tous les ans après l'octave de la Pentecôte, et exhorta les fidèles à s'y préparer.

Henri de Gueldre, successeur de Robert dans l'évêclié de Liège, ne lut pas si dévoué à cette entreprise que Robert ; des déclamations malveillantes , tant sur la personne de Julienne que sur ses révélations, l'obUgèrent à quitter cette ville. Elle mourut en 1258, et est honorée dans le pays comme bienheureuse.

Elle avait une amie particulière nommée Eve, recluse à Liège, et connue du pape Urbain lorsqu'il était dans le pays. Quand elle eut appris sa promotion au Saint-Siège, elle employa les chauoincà et d'autres

4Ci CATÉcnis^rE nisTomouE.

persoDnes zélées pour la fête du Saint-Sacrement, q^v. prièrent l'évêque Henri d'en écrire au pape ; et c'est ce qui le détermina à ordonner la célébration de cette fête dans toute Téglise.

B. Fêtes des Saints.

4. Fêtes de Marie. — Immaculée Conceptign. — On Ignore quel fut l'auteur de l'institution de cette fête. Selon toute probabilité, elle doit son origine à un certain abbé Alfiuus, religieux qui vivait en Angleterre dans le onzième siècle. Saint Anselme, évêque de Cantorbéry, ne tarda pas à l'introduire dans son diocèse, d'où elle s'étendit bientôt à toutes les églises de l'Angleterre, comme on le voit par le concile tenu à Londres en 1328. Dans le principe, on laissa le peuple libre de la célébrer, mais en 1287, on en fit une fête d'obligation. En 1477, le pape Sixte IV ordonna qu'on la solenniserait dans toute l'Eglise, sans toutefois 1 elever au rang de fête obligatoire. Ce ne fut qu'en 1708 que le pape Clément XI en fit une fête d'obligation. Déjà précédemment, vers la fin du treizième siècle, après que cette fête eut été reçue par plusieurs égbses comme fête d'obligation, quelques savants s'étaient élevés avec énergie contre la croyance en l'Immaculée Conception, et partant contre la fête établie en son honneur. Une violente discussion éclata à ce sujcJ parmi les membres de l'Université de Paris. Les principaux défenseurs furent les Franciscains, qui eurent pour adversaires les disciples de saint Dominique. L'un et l'autre parti avait ses adhérents. Un Franciscain écossais, le professeur Jean Duns Scot, apporta tant

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