‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 228 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE ni. i · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE ni. i

obéit à la voix qui le commandait, et que de là est venu Tusage de célébrer le 8 septembre la fête de sa Naissance. Mais il est à remarquer que dans cette narration on a passé sous silence et le nom de l'ermite, et l'époque de sa vision, et le nom du pape qui régnait alors, ce qui enlève singulièrement au mérite et à rauthenticité de cette histoire {Benterim's Denkwurdig K. B. 5. Th. 1. S. 143).

f. Saint Nom de Marie. — Les premiers vestiges de cette fête se rencontrent en Espagne, où elle fut introduite dans Téglise de Cuença, en 1513, et approuvée par Rome. En 1683, le pape Innocent XI l'introduisit dans toute la chrétienté, à l'occasion d une victoire remportée sur les Turcs sous les murs de Yienre {Smid's Liiurgil. B. 3. S. 598).

Outre les fêtes dont nous venons de parler et qui sont les plus remarquables, il en existe une foule d'autres encore qui sont des espèces de fêtes de souzenir, telle que celle de la Présentation de Marie qui se célèbre le 21 novembre. L'institution de cette fête est due à la légende où il est dit que les parents de la sainte Vierge, voulant accomplir la promesse qu'ils avaient faite à Dieu, portèrent au temple de Jérusalem leur enfant, âgé de trois ans, et l'y abandonnèrent pour le consacrer au service du Seigneur. Ce n'est qu'en 1585, que le pape Sixte V Ta établie dans tonte la chrctient<î ; en Occident cette fête est déjà connue depuis 1374 {Benedict. De festo, p. 2, c. 181). — Quant à la fête du mariage de Marie, le 23 janvier, établie ea 1725 le célèbre chancelier Gerson est le premier qui l'ait recommandée. — La fête des sept douleurs de Marie, dont les premières traces se rencontrent au»

quinzième siècle, fut ordonnée par Benoît XIIT. — La Visitation fut instituée par le pape Urbain VI et confirmée par Boniface IX, en 1389; autrefois c'était une fête d'obligation. — La fête de Sainte Marie-aux-Neiges est basée sur cette tradition que Jean, praticien romain, et son épouse, reçurent ordre, dans une vision qu'ils eurent, de bâtir Téglise actuelle de Sainte-Marie-Majeure à Rome, à l'endroit qu'ils verraient couvert de neige au milieu de l'été. Le pape Pie V ordonna que cette fête serait célébrée dans toutes les églises, le 5 du mois d'août. — Quant aux fêtes que nous passons sous silence, il en a été fait mention au premier volume.

Fêtes de quelques autres saints

a. Fête de saint Etienne. — Parmi les trois jours de fêtes qui suivent Noël, la saint Etienne, la saint Jean et la fête des saints Innocents, il n'y a plus que la première qui soit encore d'obligation. Ces trois fêtes ne datent pas toutes de la même époque; il est déjà fait mention de celle de saint Etienne par l'auteur des Constitutions apostoliques (1. 8. c. 33), et saint Grégoire de Nysse prononça un discom's le jour de cette fête. A ce qu'il paraît, c'est l'église d'Orient qui l'a célébrée la première. En Occident, elle n'a commencé qu'après qu'on eut retrouvé les ossements du saint, c'est-à-dire au cinquième siècle. Cependant on la célébrait déjà à Ancone avant cette époque, et saint Augustin, parlant de cette ville (Ser. 3:23), dit qu'on y cx)nserve une pierre qui a servi à lapider saint Etienne. Cette pierre, ajouto-t-il, fut recueillie par un batelier italien qui avait été baptisé à Jérusalem, et qui croyait eu Jésu»-

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Christ, n était présent lorsque le saint fut lapidé et il lui fut révélé qu'il devait la déposer à Ancone ; circonstance qui sert à expliquer pourquoi la célébration do cette fête eut lieu d'abord dans cette ville. On place ordinairement en 415, Tépoque de Tinvention des ossements du premier martyr. Le bénédictin Jamin ra- ^ conte ainsi Thistoire de cette invention : « Le célèbre docteur juif Gamaliel, dont il est parlé aux Actes des Apôtres (5, 34 et 22, 3), enleva secrètement le cadavre du saint du lieu où il avait été lapidé, et l enterra dans une fosse qu'il creusa dans une de ses propriétés, à quatre mille environ de Jérusalem. Il resta eii cet endroit jusqu'en 415, époque à laquelle il plut à Dieu de découvrir aux hommes ce précieux trésor. Gamahel apparut en songe à un prêtre nommé Lucien, et lui révéla l'endroit où reposaient les restes du prince des martyrs. Lucien fit faire des fouilles, et trouva effectivement ce qui lui avait été annoncé. On trouva sur une pierre placée sur le cadavre une inscription grecque qui signifiait : Couronne (1). Lucien alla aussitôt faire part de cette nouvelle à Jean, évèque de Jérusalem. Le prélat se rendit sur les lieux, on ouvrit le cercueil, et il en sortit une agréable odeur dont plusieurs malades furent guéris. Les ossements étaient tous dans un état parfait de conservation, et étaient restés dans leur position naturelle. On les transporta à Jérusalem dans Tcglise de Sioii, après qu'on eji eut détaché quelques parcelles pour l'église de Capliar,'?amala, administrée par Lucien. La fête de riiivention de ces reliques *"i célèbre le 3 du m^^^- d'axTût. En A^H, un moine,, qui

II) En mue, tlicnne sif^nific aussi couronr.-c on uui.i:<iiJe

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se rendait de Jérusalem en Afrique, y transporta quelques-unes de ces reliques, où l'on commença aussitôt à célébrer la fête du martyr, particulièrement à Hippoue, dont le siège épiscopal était alars occupé par saint Augustin. Quant à la fête de saint Jean, elle date probablement d'une époque plus récente, puisqu'aucun des Pères des premiers siècles n'en fait mention. Dans les anciens calendriers, cette fête ne figure pas sous le nom de Natale (joiu* de la naissance), mais sous celui de Transitns (passage) ou d'Assompiio (Assomption), parce qu'une ancienne tradition prétend que, bien que saint Jean mourut à Tàge de quatre-vingt-dixsept ans de sa mort naturelle, son corps ne tarda pas à se réunir à son âme, et fut par conséquent transporté au ciel.

Parmi les trois fêtes qui accompagnent Noël, la plus anciennne est celle des Saints Iniiocents, da moins dans l'église orientale, attendu qu'Origène en faitiléjà mention (^o?w. 3, de divers.) et dit que, dans la célébration de cette fête, il faut s'en tenir aux usages transmis par les ancêtres. D'après le Responsoriale de saint Grégoire, ce jour doit être considéré comme une fête de deuil, puisque l'église se sert de la couleur bleue et qu'on ne chante à la messe ni Gloria ni Ite missa est. Pourquoi cette fête était-elle ainsi envisagée ? C'est un point sur lequel on n'est pas d'accord. Quelcpies-uns pensent que l'Eglise a voulu en ce jour s'associer à la douleur des mères éplorées , taudis que d'autres s'appuient sur cette considération que les saints Innocents n'ayant pas été reçus dans le ciel aussitôt après leur mort, comme les autres martyrs, mais étant d'abord descendus dans les limbes, le jour de leur fête ne doit pas être cél«ihré

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