PARTIE m. CHAPITRE lU
rocneil]Î3 dans les anciens cimetières qui entouraient la ville de Rome^ afin de contribuer^ autant qu'il était en lui^ à la sanctification de cette église. Ce fut cette dédicace qui donna lieu à la fête de tous les Saints. En 835, le pape Grégoire IV en fit une fête générale pour toute l'Eglise. Sur Finvitation de ce pape, le roi Louis-le-Pieux publia un édit qui rendait cette fête obligatoire pour toute la France et FAllemagne, et la fixait au premier novembre.
De l'empressement avec lequel on doit solennUer les jonri de fêtes.
a. Lorsque saint Ambroise fut promu au siège épis- Gopal de Milan, il trouva ce diocèse dans un délabrement complet, qui datait depuis nombreuses années. Les jours de fêtes, on tenait des marchés publics, on donnait des spectacles, des divertissements publics de toute nature; la sainteté de ces jours était profanée par tous les genres de dissipation auxquelsa coutume de se livrer un peuple frivole et léger, et dans Tesprit duquel le sentiment religieux a fait place à une froide indifî'érence. Il employa toutes ses forces à lutter contre ces déplorables abus, il s'appliqua avec énergie à lever les obstacles qui s'opposaient à Faccomplissement de son œuvre restauratrice, et il ne tarda pas à voir, nonseulement à Milan, mais encore dans tout son diocèse, les peuples montrer un zèle tout nouveau à passer chrétiennement les jours de dimanches et de fêtes. C'est ainsi que disparurent peu à peu les anciennes traces de superstition et les récréations païennes qu'on avait remarquées jusqu'alors parmi le peuple (Loh7i, Bibl. m. Ml).
476 Ci-TÉCHISAIE HISTORIQUE.
l. Christophe Colomb, à qui Ton est redevable de la découverte de rAinérique, ne levait jamais Tancre ni ne mettait à la voile un jour de dimanche ou de fête. Même pendant la navigation, on célébrait les dimanches et fêtes avec toute la solennité possible; ces jours-là, les vaisseaux ressemblaient à des égUses flottantes où on faisait retentir les louanges du Seigneur (IMd.).
c. Il est raconté dansla vie de saint Jean-V Aumônier, que s'apercevant un jour que plusieurs sortaient de l'église après la lecture de l'Evangile, le saint patriarche sortit aussi et s'en alla s'asseoir au miheu d'eux. Comme ils en paraissaient surpris, il leur dit : « Mes enfants, où sont les brebis, là doit être le pasteur. C'est pour vous que je descends à l'église, car je pourrais dire la messe pour moi à l'évèché. » 11 usa deux fois de ce stratagème, après quoi ses auditeurs parurent s'en être corrigés (Ex xitâ s. Joann. Eleemos., S. 42).
d. Il est raconté, dans la vie du même saint, que deux cordonniers habitaient vis-à-vis l'un de l'autre dans Alexandrie où il était patriarche. L'un, quoiqu'il eût à entretenir une nombreuse famille et ses parents encore en vie, vivait dans une honnête aisance, taudis que l'autre qui travaillait pour lui seulement, et s'occupait même les dimanches et fêtes, pouvait à peine se tirer d'affaire. Ce dernier, jaloux de la prospérité de son voisin, ne put s'empêcher de lui demander la solution de ce mystère. « Comment, lui dit-il un jour, se fait-il que moi, habile dans mon métier et travaillant fêtes et dimanches, je puis à peine me suflire à moi-même, pendant que vous, qui avez un si nombreux personnel à entretenir, et ne travaillez jamais les jours de fêtes.