PARTIE m. CHAPITRE III
c'étaient là que les pénitents du premier degré, auxquels l'entrée de l'église était interdite, étaient obligés de rester agenouillés pendant l'office divin. — Au milieu de cette place libre était une fontaine, une citerne ou un lavoii', où ceux qui allaient à l'église se lavaient lés mains et le visage avant d'entrer. L'eau en était bénite par Tévèque à certains jours de Tannée. On pense que c'est de là que vient l'usage des bénitiers qui sont placés à l'entrée des églises. On trouve déjà quelque chose de semblable à des époques très-reculées, même chez les païens {Conf. Oxid. Metamorph., lib. o, et Virg, Eneïd., lib. 4 et 6). Il existe encore des monnaies des empereurs Tibère, Nerva et Marc-Aurèle, siu? lesquelles on voit un bénitier avec une branche de palmier et un goupillon. Scipion parle de l'usage qu'avaient les prêtres païens d'asperger d'eau ceux qui entraient dans le temple {Liv., I. 37, c. 3). Les grandes églises eurent de bonne heure trois portes de front, dont celle du milieu, la plus large et la plus élevée, était pour Tévèque et le clergé, celle à droite pour les hommes, et la troisième, à gauche, pour les femmes. Dans les églises, les sexes étaient aussi séparés, ordinairement par une paroi en bois. Saint Chrysostôme dit à ce sujet {Hom. 74, in Matth.) : « Il conviendrait que nous fussions déjà séparés de l'autre sexe par la paroi intérieure (le cœur) ; mais puisque vous ne l'avez pas voulu, nos ancêtres ont pensé qu'il était nécessaire de séparer les places par un mur en Ixjis. Je n'ai pas vu que les anciens aient eu rien de semblable. Du temps des apùtres, les liommes et les femmes priaient enj^emblo; car les femmes étaient vertueuses, et les hommes aimaient la cliasteté. Maintenant que le mui" du cœur est enlevé, il est né-
JÎ8S CATÉCHTSME HISTORIQUE.
ccssairc de recourir à un mur de séparatîoh matériel et visible. » — Le lieu le plus saint et le plus remarquable de l'église se trouvait devant Tautel; il s'appelait Presbyterium, et formait ordinairement un demi-cercle, un peu surhaussé, auquel on arrivait par des degrés. Il était habituellement fermé par une grille, afin d'empccher le peuple d'entrer. — En France, en Angleterre et en Allemagne, on construisait encore, dans les premiers siècles du christianisme, la plupart des églises en bois; elles avaient Tapparence d'habitations ordinaires. Au témoignage du vénérable Bède {Hist. angl,, 1. 3, c. 4), il était encore impossible de trouver en Angleterre, à la nn du cinquième siècle, une éghse construite en pierres. Lorsque Nynias se hasarda à en construire en pierres en l'honneur de saint Martin, les Bretons en furent tellement surpris, qu'ils donnèrent à ce temple le nom de Eutte Hanche.
f. Quant au temps où fut célébré le saint sacrifice de la messe, il faut distinguer le jour de la semaine et l'heure du jour. S'il s'agit àwjour, c'a été de tout temps le dimanche. Ainsi, on voit dans la 1" Epître aux Corinthiens, vers. 16, a cpie les chrétiens rompaient le pain ordinairement le premier joiu' après le sabbat. » C'est un dimanche que saint Paul célébra en Troade [Act. , 20, 7). Nous trouvons une nouvelle preuve de la célébration de la messe le dimanche, dans la lettre de Plinfl à Trajan et dans l'Apologétique de saint Justin-le-Mar* tyr. Cependant, les autres jours de la semaine n'étaient pas exchis, car nous voyons dans les Actes des Apôtres que les fidèles se réunissaient souvent pendant la semaine et célébraient la sainte cène. Au deuxième siècle^, on commençai célébrer le mercredi et le jeudi, et enfin.