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méritât autant qiie possible de porter le vrai pain du Ciel, puisque dans Tancien Testament il était prescrit de placer les pains de proposition sur une table d'or? —A l'époque où régnait l'empereur Constantin-le-Grand, ; au quatrième siècle, la plupart des autels étaient en ' marbre. Au cinquième, on en construisit en argent et on les orna de pierres précieuses. Pulchérie, la sœur de Tempereur Théodose-le-Jeune, alla plus loin encore; elle en fit construire un en or pur, revêtu de ricbes perles, dont elle fit présent à Téglise de Coustantinople. L'autel de l'église de Sainte-Sophie était en or massif, et reposait sur six piliers du même métal. La table était en or et en argent, et incrustée de perles orientales et d'énormes pierres précieuses fondues ensemble; l'endroit où étaient renfermées les reliques, était parsemé des plus ricbes joyaux. Au-dessus de la table de l'autel, s'élevait, en forme de tour, le tabernacle surmonté d'une coupole enrichie de brillantes décorations. Cette coupole était ombragée de douze lis en or, au milieu desquels scintillait une superbe croix également en or du poids de soixante-quinze livres, enrichie de nouveau de pierres prt'cieuses d'une valeur extraordinaire. Afin d'introduire plus d'uniformité dansles autels, TEglise ordonna, au sixième siècle, que désormais tous seraient construits en pierre. On eut aussi de bonne heure des autels portatifs qu'on transportait d'un lieu dans un autre à Tépoque des persécutions. L'empereur Constantin en possédait un dans ce genre qu'il faisait emmener avec lui chaque fois qu'il entrait en campagne (Sozom. Hist. eccl. 1. 1, c. 5.). Les apôtres de l'Allemagne en portaient aussi avec eux dans leurs voyages, comme le font encore aujourd'hui les mission-
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naires de rAmériqne.Ces autels étaient ordinairement en bois, à cause de la facilité du transport; cependant on en avait aussi en or^ en argent, en ivoire et en cuivre. Gelenius fait la description [de Magnitudîne Coloniœ) de trois autels portatifs qu'on conservait dans l'église de Saint- André, à Cologne. Ils avaient la forme d'un petit coffre, dont Fun était en or, le second en argent et le troisième en cuivre.
c. L'usage de bénir et de consacrer avec du chrême \d, pierre de V autel est très-ancien. Le pape Innocent III attribue l'institution de Fonction avec le chrême au pape Sylvestre, qui ordonna aussi de couvrir Fautel avec des nappes faites de toiles de lin pur, parce que, disait-il, le corps de notre Seigneur Jésus-Christ a été ainsi enveloppé pour être mis dans le sépulcre. La consécration des autels est probablement de la même origine que la consécration solennelle des églises. Sans parler de toutes les cérémonies prescrites par le pontifical romain, disons seulement que Fonction avec le chrême se fait à quatre reprises : on oint les quatre côtés du sépulcre où reposent les reliques, puis le couvercle du sépulcre, et enfin le tout avec le pouce qu'on trempe dans le saint chrême. L'onction avec le saint chrême est suivie d'une autre, faite avec l'huile des catéchumènes. Ensuite l'onction se fait avec les deux huiles. — On peut lire les autres cérémonies dans le pontifical romain et autres ouvrages liturgiques.
d. L'ornementation dos autels était, dans les premiers temp?, d'une grande simplicité. Sans doute, à cause de l'extrême pauvreté oii se trouvaient alors les chrétiens. Un des premiers ornements qui se firent remarquer sur Fautel, fut la croix, que Fon plaçait ou
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suspendait au milieu. L'empereur Constantin plaça sur les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul^ à Rome, une magnifique croix, et Bélisaire fit don à la même église d'une croix en or du poids de cent livres. Aringhius raconte (Rom. svMerr. 1. 2, c. 22) que Bosius trouva dans ime chapelle souterraine un viel autel surmonté d'une croix ornée de pierres précieuses, et entourée d'une couronne de roses magnifiquement peintes.
A partir du quatrième siècle, on suspendit au milieu de Tautel le tase dans lequel on conservait le Saint- Sacrement (ciboire). Dans les premiers siècles, les chrétiens emportaient souvent chez eux des hosties consacrées et se communiaient eux-mêmes. Cet usage avait pour eux d'immenses avantages.. Emprisonnés pendant les persécutions, et privés des secours de la rehgion, ils pouvaient conserver avec eux le Saint- Sacrement, se fortifier en mangeant le pain des forts, ou s'encourager par la pensée qu'ils le possédaient autour d'eux et pouvaient s'en nourrir à discrétion. La crainte dans laquelle on était que les ennemis des chi'étiens n'entrassent pendant la communion, faisait qu'on ne communiait pas à Téghse. Ce fut seulement au quatrième siècle, après que la paix extérieure fut rétablie dans l'Eglise , qu'on commença à conserver dans les églises les hosties destinées aux malades, et à le? leur porter quand ils en avaient besoin. Bientôt on éleva sur les autels des ciboires , espèce de petits temples recouverts d'un rideav {BirUerim, Denhwlirdigh.). A la voûte de ce ciboire était suspendu le vase dans lequel ou conservait le pain consacré. Dans le principe, ce vase avait la iovme d'une colombe; c'est à quoisainl
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Chrysostôme fait allusion lorsqu'il écrit (ffom. 13. ad Antioch.) : « Le corps de notre Seigneur n'est pas enveloppé dans des langes , comme autrefois dans le berceau ; mais il est revêtu du Saint-Esprit^ ou plutôt d'une colombe. » Ces colombes étaient ordinairement en or ou en argent doré (1). Devant ce ciboire ou tabernacle, brûlait une lampe qu'on nommait la7npe éternelU ou lampe de Dieu, A Tépoque des persécutions, alors qu'on ne conservait pas encore le Saint-Sacrement dans les églises, on n'avait pas encore cette lampe, quoiqu'on la retrouve déjà au quatrième siècle. Ainsi, saint Paulin {Natal, xi) raconte qu'une lampe brûlait jour et nuit dans l'église de Saint-Félix de Noie, et qu'un voleur réteignit le soir, afin de n'être pas vu dans l'église par les personnes qui habitaient les maisons environnantes. Quant aux flambeaux et aux cierges qu'on allumait dans des lieux obscurs, ou quand l'oflice divin avait lieu pendant la nuit, ils étaient absolument indispensables ; cependant on les conserva dans la suite, lorsqu'on commença à célébrer en plein jour, comme un symbole de la prière qui, semblable à la flamme, doit s'élever pure et radieuse vers le Ciel. Saint Paulin (Natal, xi) dit dans son troisième poëme sur la fête de saint Félix, que, jour et nuit, on avait coutume d'allumer un grand nombre de flambeaux. — On possédait. à cette époque, des lampes ou des chandeliers d'iM travail remarquable; c'étaient, pour les églises, de
(1) On i)cut encore voir une semblable colombe dans la chambre du trésor de la calhcdrale de SalzLourg. La cavilé où sont renlcrmces les saintes hoslics se trouve sur le dos de la colombe, elle est fermée par un couvercle. La forme acluclie des tabernacles ne remonte pas au-delà du douzième siôdo.