PARTIE III. CHAPITRE HI
clie étalent autrefois l'habillement ordinaire des Romains^ des Espagnols et d'autres peuples. Lorsque^ plus tard, ce genre de yêtements tomba en désuétude^ on continua à s'en servir pour la messe. C'est de là qu'est" venue Vauhe, ornement aujourd'hui tout sacerdotal. Elle représente l'humanité de Jésus-Christ, dont le prêtre remplit les fonctions à l'autel, car saint Jean, dans son apparition, vit le Fils de l'Homme vêtu d'une longue robe, et ceint au-dessous des mamelles d'une ceinture d'or (i, 13). — La couleur blanche de cet ornement est aussi le symbole de la pureté virginale avec laquelle le prêtre doit offrir le saint sacrifice ; c'est pourquoi il prie Dieu, en se revêtant, de purifier son cœur et de le dégager de toute souillure.
ce. Le Cingulnm (ceinture). La ceinture était aussi en usage chez les Juifs et les Romains ; elle servait à retrousser ou à draper la longue robe qu'ils portaient. Lorsque, dans la suite, les longs vêtements furent hors d'usage, les ecclésiastiques les conservèrent néanmoins, et portèrent aussi la ceinture; de là vient que les religieux portent encore, à l'imitation des anciens, une longue robe et une ceinture. — La ceinture des anci«os était tantôt de poil de chameau, tantôt de soie^ipaiipifemée d'or, tantôt de lin. Elle était beaucoup plus lar^c qu'aujourd'hui, puisqu'elle servait de poche aux Orientaux pour cacher leur argent et autres objets. — Relativement à la messe, le clngnlum rappelle au prêtre qu'il doit combattre les passions impures ; aussi prie-til le Seigneur en la mettant, de l'entourer de la ceinture de pureté, et d'éteindre dans ses reins le germe de la volupté, afin qu'il conserve toujours la vertu de la continence et de la chasteté.
dd.'Le3fanipuïe. — Cet ornement n'était autrefois qu'un mouchoir dont l'évêque ou le prêtre s'essuyait la figiu-e ; car, alors, les offices se prolongeaient souvent pendant plusieurs heures. Il était de lin et se plaçait sur le bras gauche. Plus tard, lorsque les offices furent devenus moins longs, on conserva le mmiipuU comme simple ornement, et on le fit alors de la même étoffe que les autres vêtements. Cet usage existe à peu près depuis le neuvième siècle. — Le manipule représente en outre les liens qui servirent à conduire le Sauveur sur le Calvaire, en même temps qu'il est le symbole de la vie de pénitence, de mortification et d'activité incessante que doit mener le prêtre.
ee. VEtole. — Véiole était autrefois un long habit de dessous, garni au bord d'une bande de difî'érentes couleurs. Aujourd'hui, quand le prêtre s'est revêtu de Yaube, il se contente de croiser dessus ce lien, qui est tout simplement ce que nous appelons du nom d'étole. Elle est considérée comme le signe caractéristique de la dignité sacerdotale ; aussi le prêtre s'en revêt-il dans toutes les fonctions de son ministère. Vétole signifie aussi que Dieu, en nous envoyant son Fils unique, nous a reçus de nouveau au nombre de ses enfants, et que, comme un père compatissant envers son enfant perdu, il nous a rendu le premier vêtement de l'innocence (stolam primam) que nous avions perdu par le péché.
f. La Chasuble (Casula). — Autrefois la chasuble était un long manteau qui couvrait tout le corps, depuis la tête jusqu'aux pieds ; il était fermé de toutes parts, excepté qu'il était fendu dos deux côtés, afin qu'on y pût passer les deux mains, ou bien il était retroussé sur les épaules au moyeu de crochets. Comme il descendait