PARTIE III. CHAPITRE III
jusqu'aux pieds du prêtre, et qu'il le gênait lorsqu'il faisait la génuÛexioD^ il était soulevé à TéléYation par le diacre et le sous-diacre, d'où vient Tusage qu'on a aujourd'hui de soulever encore la chasvMe à l'élévation, bien que la forme actuelle de ce vêtement ait rendu cette cérémonie superflue (1). Il est encore un autre usage qui a son origine de l'ancienne forme des ornements de la messe. Autrefois, les prêtres ne mettaient le manipule qu'après le Confiteor, parce que les cMsV/lies n'ayant aucune ouverture des deux côtés, et étant fermées de toutes parts, elles couvraient tout le corps : de là, le nom de casula, c'est-à-dire hutte, qu'on a donné à cet ornement. Après le Confiteor, le prêtre s'en revêtait ainsi que du manipule. C'est de là que les évèques ont encore l'habitude de ne le mettre qu'après le Confiteor. Sur le dos de la cJiasulle est peinte une croix, symbole de l'allégement du joug et du fardeau que le Sauveur nous a procuré en mourant sur la croix. Il n'est pas rare de voir sur les chasvMes le Sauveur représenté entièrement sur la croix, comme on en voit à la cathédrale de Salzbourg.
Remarque. — Quant à la couleur des ornements sacrés, on n'en connut point d'autre jusqu'au neuvième siècle que la couleur blanche. C'était celle de tous les ornements d'église, depuis ceux des plus humbles lé-
(!) On voit encore aujourd'hui une chasuble ayant cette ancienne forme à la cathcjdrale de Saint-Pierre à Salzbourg, et une dans l'c^glise de Saint-Etienne à Mayencc, dont se servait saint Wiliiijisius, archevêque et |trcmier électeur à Mayencc, cl fondateur de cette église. On s'en sert encore aujourd'hui toutes les années à la messe de ce saint [Schœnhcil der Kirch v. Riitiicl. s. 314.}.
vites jusqu'à ceux du pontife. Cependant ils avaient quelquefois des broderies en or, en argent et en soie rouge. Ce fut seulement après le neuvième siècle qu'on commença à en employer d'autres. Il semble néanmoins qu'on ne se servait pas seulement de la couleur noire aux offices des morts^ mais encore à ceux qui se faisaient les jours de pénitence et de jeûnes. — A l'époque de Constantin, la convocation des fidèles à l'église se faisait par un bomme spécialement chargé de cette fonction. Ordinairement, les fidèles savaient déjà par avance l'heure à laquelle commençait l'office; quelquefois le diacre l'annonçait à la fin du dernier office. Après Constantin, on se servait souvent pour cela comme autrefois chez les païens, de crécelles en bois, d'une trompette, ou d'un métal sonore sur lequel on frappait à coups de marteau. Les espèces de clochettes dont on se servait donnèrent bientôt naissance à de plus grands instruments qu'on suspendit dans des tours et qu'on mit en mouvement au moyen d'une corde. Telle est l'origine de nos cloches, dont on attribue communément Tinvention à saint Paulin, évêque de Noie , bien que cette supposition ne repose pas sur des données historiques hors de contestation {Binterims Denliwïïrdigkeit. B, 4. S. 288). Les cloches, que dans le principe on ne rencontrait que dans les grandes églises, commencèrent à se répandre en France et en Allemagne sous le règne de Charlcmagne. — La bénédiction des cloches a eu heu aussi de bonne heure; on l'appelait baptême de cloches, parce qu'on avait coutume de les laver avec de l'eau bénite, et de les oindre avec de lliuile et du saint chrême. — Les cloches les plus anciennes ne portaient pas d'mscription, on n'y voyait pas même le nom du saint