PARTIE m. CHAHTRE ni. * S
auquel elles étaient dédiées; Tusage des inscriptions ne commença qu^au onzième siècle : le premier exemple nous en est foiu-ni par Baronius {ad ann, 968, n. 93). qui affirme qu'en 968, le pape Innocent XIII donna le nom de Jean à la grande cloche de Téglise de Latran, lorsqu'elle fut bénite. Bientôt on y vit aussi figurer le nom du saint auquel les fondeurs ajoutèrent le leur propre, ainsi que le chiffre de Tannée où elles avaient été fondues,
5. De la célébralion du saint sacrifice de la Messe dans les premiers âges.
La première célébration de la messe le jeudi saint fut d'une grande simplicité. Jésus prit le pain, le bénit, le rompit, et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez et mangez, ceci est mon corps. » De même il prit le calice, le bénit, le donna à ses disciples, en disant: « Prenez et buvez-en tous, c'est le cahce de mon sang, etc. » — La célébration de la messe, telle qu'elle est racontée dans l'histoire des apôtres, était aussi fort simple, n n'y est question que de « la prière » et de la fraction du pain. Toutefois, il est indubitable que déjà les apôtres, ou du moins leurs successeurs, établirent un grand nombre de prières et dç cérémonies renfermant un sens symbolique, afin de contribuer à la magnificence et à l'éclat de cet auguste sacrifice. — Justin le martyr, qui composa son Apologétique en 150, nous décrit les cérémonies de la messe en usage à cette époque.
Voici quels étaient, d'après les renseignements qu'il nous est [lermis de puiser dans les ouvrages des écrivains
ecclésiastiques, les cérémonies de la messe dans les premiers siècles du christianisme.
a. Messe des catéchumènes.
Déjà à une époque fort reculée, les fidèles araîent coutume, avant d'entrer dans le lieu où se célébrait Toffice divin, de se laveries mains et le visage, en signe de la pureté du cœur qu'ils devaient y apporter ; de là Torigine des bénitiers en pierre placés devant la porte des églises. On commençait toujours l'office par une prière en commun, tirée le plus souvent des Psaumes. Comme cette prière se faisait sur les degrés de l'autel, on l'appelait prière des degrés. Cette prière était beaucoup plus longue que celle qu'on récite aujourd'hui. Le peuple la récitait avec le prêtre (1). Cette prière terminée, l'évêque montait à l'autel, entouré ordinairement de son clergé, faisait une prière à voix basse, et se tournait vers le peuple en prononçant ces paroles : « La paix, ou le Seigneur soit avec tous ! » puis il récitait à haute voix une ou plusieurs prières appelée» collectes, parce quelles résumaient en quelque sorte toutes les demandes et les désirs des fidèles. Avant la collecte, le diacre avait coutume d'avertir les assistants de fléchir le genou en signe d'humiUté et pour témoigner qu'ils s'anissaient aux prières de l'évêque; d'où est venue la formule : Flectamus genua ! (fléchissons les genoux). Saint Basile {Lihr. de Spirit. S. c. 27) et saint Césaire d'Arles (tom. 5, oper. S. Aug.) en font déjà mention ; cependant on ignore si ces génuflexions avaient heu à toutes les messes, ou seulement à cer-
(1) La langue lalinc était encore à celle époque la lan^c du pcn{)lc.