PARTIE in. CHAPITRE III
taines époques, comme pendant le carême. Quoi qu'il en soit, le peuple restait à genoux avec le diacre jusqu'à ce que l'p-rpque eût achevé sa prière. Avant la conclusion : Per Dominum nostrum^ etc. , le diacre s'écriait :. Levate (levez-vous) et tous se levaient de terre. La collecte terminée^ le diacre (et plus tard le sous-diacre) lisait Tépitre, qui était ordinairement un extrait des Prophètes, des Actes ou des Epitres des Apôtres, selon que Févèque Tavait ordonné. Justin dit (1. c.) que cette lecture durait aussi longtemps que le temps le permettait. Le diacre et le sous-diacre allaient ensuite auprès de Tévèque, qui s'asseyait, lui baisaient les mains et les pieds, et lui demandaient la bénédiction. — Après quelques chants tirés des psaumes, dont le graduel est un reste, suivait la lecture d'un passage de l'Evangile. Dans TEghse grecque, le diacre était obligé, dit saint Chrysostôme, {Hom. 53, in Joan. tom. 8) de laver ses mains avant de prendre le livre des Evangiles; les femmes baissaient leurs voiles, les hommes se découvraient la tète etles princes déposaient leurs couronnes. Aux dernières paroles de l'Evangile, tous les assistants faisaient le signe de la croix et restaient debout. Aussi longtemps que durait la lecture, il était d'usage, dans l'Eglise grecque, de tenir ses deux mains sur la poitrine en forme de croix. A la fin tous répondaient : Deo grattas ou Amen. — L'usage actuel de répondre ; Laus tili Christe ne date que du treizième siècle.
Chez les Juifs, il était d'usage, après la lecture de la loi ou des prophètes, d'adresser un discours au peuple. Cet usage, Jésus lui-même l'observa, comme l'atteste saint Luc (4, 2). Les apôtres Paul et IJarnabé, à l'invitation du chef de la synago3ue, adi'cssùrent, après la
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lecture de la loi, un discours au peuple {{) (Act. \3,\^). Cette coutume passa dans TEglise chrétienne , comme nous rapprend Justin (1. c). Le discours ou sermon était ordinairement fait par Tévêque qui se plaçait sur un siège à côté de Tautel. Autour de lui étaient assis sur des sièges moins élevés les prêtres, et derrière eux les diacres qui formaient un demi cercle. Plus tard, lorsque les églises furent devenues plus vastes, on construisit des chaires , afin d'être plus facilement entendu du peuple. — Avant que le sermon commençât, le diacre faisait une prière à voix basse. Le prêtre rècilait de même ime courte prière et faisait le signe de la croix {Tertull. Coron, milit.). Le plus souvent les auditeurs étaient assis, quoique dans certains endroits ils restassent debout. Pendant le sermon, il était défendu à quiconque, même en Afrique, de sortir sous peine d'excommunication. C'est pour ce motif que saint Césaire faisait fermer les portes. Dans d'autres églises, les diacres et les diaconesses veillaient à la porte, afin que personne n'entrât ni ne sortit sans raison sérieuse {Constit. apostoL 1. 2, c. 25). Après le sermon, on annonçait ordinairement les fêtes qui devaient avoir lieu prochainement, les événements ecclésiastiques les plus importants, les ordonnances, les indulgences qu'on pouvait gagner, etc. Cet usage parait avoir existé en Afrique déjà du temps de TcrtuUien et de saint Cyprien [Fpist. 37). Les catéchumènes et les pénitents du deuxième degré pouvaient aussi assister au sermon; mais dès qu'il était fini, les diacres leur signifiaient de sortir, parce que, n'étant pas encore baptisés, ils n'6-
(1) Denedict. MY, Comment, de Miss. Icct. i, § 138,