PARTIE III. CUAriTRE II. 6i
se mettre en garde contre les fraudes^ tromperies^ etc.; ainsi que des prières contre les morsures, les pièges et autres accidents de cette nature.
b. La superstition produit souvent les suites les plus tristes, telles que les déceptions, les injustices, les cruautés, etc.
aa. Ochozias, roi d'Israël, étant tombé de la fenêtre d'une chambre haute qu'il avait à Samarie, au lieu de mettre sa confiance dans le vrai Dieu, dit à ses gens : « Allez, consultez Béelzébub , le Dieu d'Accarou , pour savoir si je pourrai relever de cette maladie. » Le prophète Elle alla au-devant des gens du roi, et leur dit de part du Seigneur : « Retournez vers le roi qui vous a envoyés, et dites-lui : Voici ce que dit le Seigneur : Est-ce qu'il n'y a pas un Dieu en Israël, que vous envoyez ainsi consulter Béelzébub , le Dieu d'Accaron ? C'est pour cela que vous ne relèverez pas de votre lit où vous êtes, mais vous mourrez certainement. » Eu effet , Ochozias mourut en punition de sa superstition , comme le lui avait annoncé Ehe (3. Rois, 4-, i).
bb. Pendant la maladie douloureuse dont mourut Tempereur grec Manuel Gomnène, le patriarche Théodose l'exhorta vivement à mettre en ordre, pendant qu'il en était encore temps, les affaires de son royaume ec ce qui concernait le plus jeune de ses fils, Alexis. Mais l'empereur lui répondit qu'il était assuré qu'il avait encore quatorze ans à vivre. Il se reposait sur les révélations d'un astrologue, qui alors jouissait d'une grande considération chez les orientaux. — Comme son indisposition allait croissant de jour en jour, il perdit toute espérance, se repentit de sa superstition, mit ordi'c j autant que sa situation le lui permit , à ses
affaires, et, cédant aux conseils du patriarche, il détesta et déplora sa superstition, et mourut peu de temps après [Ber. Berc. Hist. de TEgl. tom. 12).
Un autre exemple nous fait voir comment il arrive souvent que des personnes superstitieuses, siu* des signes insignifiants, jugent que Theure de leur mort est encore très-éloignée. — Une vieille veuve était étendue sur son lit, dangereusement malade. Sa fille Tayant exhortée à se faire administrer les saints sacrements, elle répondit que cela n'était pas nécessaire. — La fille pria un de ses voisins d'unir ses efforts aux siens pour tâcher de la persuader à recevoir les secours de la religion ; mais la veuve répondit en souriant : a Soyez sans crainte, je ne mourrai pas encore. Le coucou m'a prophétisé que j'avais encore douze ans à vivre. » Il est, en effet, des personnes qui comptent vivre autant d'années qu'elles ont entendu de fois chanter le coucou sans discontinuer. — Comme son état empirait toujours, la fille finit par faire venir un prêtre, mais il la trouva sans connaissance ; seulement , imitant le chant du coucou , elle ne cessait de crier : Coucou ! coucou ! — Et elle mourut sdusi sans sacrements (Zolm. Libl. m, 559).
ce. Afin de pouvoir plus facilement contenter leur soif du pillage, les Hussites de Bohème avaient répand r le bruit qu'au prochain dimanche des Rameaux , (^ torrents de flamme tomberaient sur les villes et W3 villages de la Bohème, et les réduiraient tous en cendre, à l'exception de cinq, qu'ils désignèrent. Par ce moyen, ils voulaient faire abandonner aux catholiques les places fortes qu'ils occupaient, pour s'emparer ainsi de leurs possessions. Malheiueusement^ ce strata-