PARTIE m. CHAPITRE m
autres. Les fidèles en faisaient de même entre eux. Dans les premiers temps, on se baisait réellement sur la bouche, comme on le voit par ces paroles de saint Augustin, lorsqu'il disait {Serin. 227.) : a Que vos' cœurs soient unis comme le sont vos lèvres lorsqu'elles sont collées contre celles de vos frères. » Plus tard, on se contenta de s'embrasser, ou de se présenter à baiser un crucifix siç^Qlé.oscularium.
a. La sainte communion. — Toutes les liturgies de l'Orient prescrivent au diacre de prononcer solennellement ces paroles avant la communion : Sancta Sanctis! (les choses saintes aux saints) pour avertir les fidèles de ne point s'approcher indignement de la table du Seigneur. Le célébrant communiait d'abord, puis les autres ecclésiastiques et tous les assistants, les pénitents exceptés. Le prêtre distribuait les saintes hosties, et le diacre présentait le calice. Aux hommes, on déposait la sainte hostie sur le creux de la main droite soutenue par la gauche et disposée sous elle en forme de croix. Quant aux femmes, qui étaient ordinairement voilées, elles la recevaient siu* un hnge blanc, de Un, appelé dominicale, et elles l'approchaient ensuite de leiu: bouche. Poiu* la communion sous les espèces du vin, on avait des cahces considérablement plus grands que ceux dont on se sert pour la messe (1). Dans la suite, il fut d'usage dans plusieurs provinces, de tremper dans le précieux sang les paities de Thostie avant de les dis-
(1) L'Eglise de Salzbourg i)Ossôde encore un calice de ce genre, la coupe à sa {tartie sujiérieure a un pied de diamètre; il contient au moins un pot de vin. La i»alcne est de la largeur d'une grande assiette. On recevait le prc^cieux sang au mojeo de lui»cs en cuivre dortî.
Iribuer aux communiants {Smid's Liturgïl. B. n.) auxquels on les présentait avec une cuillère en argent. Les plus grands calices étaient souvent munis de deux anses^ afm que le diacre put les porter plus commodément.— Les communiants répondaient à ces paroles du prêtre : a Le corps de Notre-Seigneur » ou à celles-ci du diacre : a Le sang de Notre-Seigneur, » par cette unique parole : Amen, qui signifie ici : En xérité. Justin le martyr {Apol. 1.), et Eusèbe {Ilist. eccl. 1. 6, c. 43.) disent que cette manière de répondre était généralement admise. Les parcelles qui restaient après la communion étaient distribuées aux enfants présents. Les enfants encore à la mamelle prenaient eux-mêmes part à la communion, car on leur présentait aussi le précieux sang. Saint Cj^prien {Lid. de laps.) parle d'un enfant qui, après avoir mangé à la maison du pain des idoles, tint les lèvres fermées quand le diacre lui présenta le précieux sang, et le vomit aussitôt après qu'il le lui eut fait prendre de force. On trempait aussi le doigt dans le premier sang, et on le faisait sucer aux enfants. Hugues de Saint-Victor, qui vivait au douzième siècle, confirme la vérité de cet usage [De Sacrament. 1. i, c. 20.). — On ne conservait pas ce qui restait, mais on le versait dans le calice du célébrant. Saint Chrysostôme faisait distribuer, immédiatement après la communion, un peu de pain et d'eau aux communiants, afin que, par imprudence, ils ne vinssent à cracher quelque chose du saint Sacrement. Au lieu d'eau, on donnait, dans plusieurs églises, du vin, romme c'est encore la coutume dans quel([ucs églises (Voir B intérim' s Dcnku\ B. 4, S. 517.).
Ik. Conclusion de la nicssc. — Après la Commimion